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ne pas ignorer et ne pas savoir

L'Office québecois de la langue française et la Mission linguistique francophone s'épaulent mutuellement dans le secours aux professionnels de la langue française qui sont en difficulté avec la langue française - donc avec leur outil de travail premier et leur compétence première, en principe.

Tel fut ce matin le cas d'un professeur agrégé de français s'exprimant dans l'une des émissions radiophoniques quotidiennes les plus écoutées de la Francophonie. Ce professeur de lettres répond avec urbanité à son interlocuteur, en ces termes : "Vous n'êtes pas sans ignorer que... etc." L'agrégé de français dit ainsi le contraire de ce qu'il voulait dire : "Vous n'ignorez pas" ou "vous n'êtes pas sans savoir".

Il est actuellement question d'instaurer des notes éliminatoires au baccalauréat en France. On pourrait aussi envisager de considérer comme éliminatoire à l'agrégation de français l'incapacité à maîtriser une double négation...

Laissons à nos homologues de l'Office québécois de la langue française le soin de rappeler, dans leur banque de dépannage linguistique, comment la double négation ne pas + sans fonctionne et dysfonctionne :

"Vous n’êtes pas sans savoir signifie « vous savez (sans doute) ». Une erreur courante consiste à dire ou écrire "vous n’êtes pas sans ignorer", alors que c’est le sens de "vous n’êtes pas sans savoir" qui est recherché. La logique est la même dans ces autres exemples :
• "L’arrivée de ce beau jeune homme n’est pas sans me troubler" (me trouble vraiment).
• "Nous avons grimpé jusqu’au sommet de cette montagne non sans peine" (avec beaucoup de peine, beaucoup de mal, beaucoup de difficulté).

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