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être en possession de


"Depuis son arrivée à Beyrouth, des questions se posent notamment sur le fait qu'il ait pu voyager alors que ses passeports étaient en possession de ses avocats japonais." (BFMTV, LCI)

Les rédacteurs de presse se divisent ici en deux catégories : ceux qui savent manier l'expression "être en possession de" et ceux qui seraient bien avisés de s'en abstenir si c'est pour écrire une telle ineptie.

Ce ne sont pas les passeports qui possèdent les avocats japonais mais l'inverse : les avocats sont en possession des passeports de leur client - qui a manifestement pu s'en passer pour aller de port en port.

Heureusement, tout le monde ou presque est en mesure de rétablir la juste information et le bon ordre des termes. Mais pourquoi les rédacteurs n'en furent-ils pas capables eux-mêmes et pourquoi leurs vérificateurs (secrétaires de rédaction, rédacteurs en chef) laissent-ils filtrer régulièrement cette inversion ?

Dans un ouvrage "qu'on peut ne pas lire", comme dirait Le Canard Enchaîné, une enseignante de la langue qui s'en veut la penseuse mais surtout pas la bienveillante panseuse, explique doctement que ce genre de bourdes est à respecter au nom de "l'émancipation linguistique" (sic) et que cela fait beaucoup de bien au français et aux idées qu'il véhicule d'être ensemble maniés en dépit du bon sens par les professionnels de l'écriture et de la parole. Nous y voyons au contraire une simple inaptitude à organiser les mots selon la logique commune à toutes les langues, et pas de quoi s'en réjouir outre mesure.*

* Être en possession de est exactement synonyme des verbes posséder, détenir ou conserver et doit se construire en conséquence.

NDE : La formule "être en possession de" a été correctement maniée dans cette affaire par la majorité des médias, dont Le Point, l'Express, L'Obs l'AFP. D'autres s'en sont "émancipés" autrement que par la faute de construction, en allant droit aux faits :"Les avocats de Carlos Ghosn détiennent toujours ses trois passeports" est par exemple la formulation irréprochable choisie par France Inter, Médiapart, Les Echos, Ouest-France ; ou selon Le Monde, Le Parisien, Libération : "Ses passeports (sont) gardés/conservés par ses avocats".

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