Accéder au contenu principal

"suite à" : ses ravages s'aggravent

La locution suite à ravage toujours plus amplement la langue française. Les dix dernières années furent marquées par son expansion dégoulinante et l'appauvrissement impressionnant qui en résulte et se confirme. 

Curieusement, la formule suite à est construite selon une aberration syntaxique que personne n'applique à d'autres locutions similaires (1). Qui dit "cause à" au lieu de "à cause de" ? Personne. C'est pourtant exactement la même faute de syntaxe qui est commise d'un cœur léger dans "suite à" au lieu de "à la suite de". Cette surdité aux incohérences internes à sa propre langue, voilà ce qui intrigue et consterne.

Mais le problème tient surtout à la désertification culturelle et intellectuelle causée par la propagation de la faute de français "suite à". Nous dressons ci-dessous une liste de vingt-et-une prépositions et autres formules synonymes, mortes ou agonisantes par la faute de "suite à".

• LISTE DES TERMES CORRECTS QUE L'INCORRECT "SUITE À" EST EN TRAIN D'ANNIHILER

"Suite à" est une expression fautive employée sans discernement à la place d'une vingtaine de termes irréprochables. Voici les synonymes qui doivent lui être préférés en toute circonstance, pour s'exprimer dans un français limpide, précis et dépourvu de ridicule :

à la suite de (tout comme il faut dire "le salaire de la peur" et non "le salaire à la peur", la seule forme correcte est "à la suite de" et non "(à la) suite à", colossale faute de construction du complément de nom)
par suite de (correct : "le produit est retiré de la vente par suite d'un défaut de conception" et non "suite à un défaut de conception"). Par suite de est synonyme de à cause de.

pour faire suite à (correct : "pour faire suite à votre demande" et non "suite à votre demande")

• après (on dira "après examen de votre réclamation" et non "suite à l'examen de votre réclamation" ; comme on dira "après tant d'échecs" et non "suite à tant d'échecs")
• depuis (correct : "depuis ton départ, je m'ennuie" et non "suite à ton départ...")
devant (correct : "devant le succès rencontré par cette initiative..." et non "suite au succès rencontré par cette initiative...")
par (correct : "par sa désinvolture, elle nous met danger" et non  "suite à sa désinvolture...")
à cause de (on notera que personne ne dit "cause à", cette aberration étant réservée à "suite à")
• en raison de (on notera que personne ne dit "raison à", cette aberration étant réservée à "suite à")
du fait de (correct : "du fait de ces imprécisions" et non "suite à ces imprécisions")
compte tenu de (correct : "compte tenu de votre attitude, votre place n'est plus parmi nous" et non "suite à votre attitude...")
• à l'occasion de (correct : "à l'occasion de sa venue" et non "suite à sa venue")
lors de, pendant (correct : "poignardé lors d'un contrôle d'identité" et non "suite à un contrôle")

• avec (correct : "avec le début du printemps, les allergies se multiplient", et non "suite au début du printemps...")
• faute de (correct : "faute de place" et non "suite au manque de place")
pour (correct : "licencié pour avoir menti" et non "licencié suite à un mensonge")
parce que (correct : "parce que j'ai peu d'amis" et non "suite à mon peu d'amis")
conformément à (correct : "conformément à nos engagements" et non "suite à nos engagements")
en réaction à (correct : "en réaction au conformisme de son milieu familial, il se détourne de la religion" et non "suite au conformisme de son milieu familial...")
• dans le cadre de (correct : "dans le cadre de nos efforts diplomatiques, nous réitérons cette demande" et non "suite à nos efforts etc..")
dès (correct : "les pickpockets entrent en action dès l'ouverture du musée" et non "suite à l'ouverture du musée, les pickpockets entrent immédiatement en action")
à (correct : "à notre arrivée, l'ambiance est tombée" et non "suite à notre arrivée, l'ambiance est tombée")
avec (correct : "la brume se dissipe avec l'aurore" et non "suite à l'aurore, la brume se dissipe")
• etc


On voit que le pire défaut du recours machinal au vague "suite à", quelle que soit sa faute grammaticale, c'est que cela dispense de penser à ce qu'on exprime : c'est de la parole non seulement mal formée mais sans idée précise.

Ainsi avons-nous relevé parmi d'autres ces deux déclarations publiques : "il y a trop de noyades suite à des imprudences" et "la SCNF accumule des pannes suite à la neige", au lieu de ceci :

• par ("noyades par imprudence")
• causées par, occasionnées par, provoquées par (des imprudences / le neige)
• dues à, imputables à (des imprudences / la neige)
• consécutives à (des imprudences / la neige)
• résultant, découlant (d'imprudences)

UNE LOURDE FAUTE DE FRANÇAIS BANALISÉE

En 2022, bien qu'elle reste une lourde faute de français, non seulement la locution "suite à" n'est plus perçue comme telle par de nombreux locuteurs cultivés et expérimentés, mais elle a effacé du discours ambiant des locutions que l'on croyait bien ancrées dans notre langue. Des locutions qui nous sont en toute certitude extrêmement utiles, qui existent dans les autres langues, et dont seule la nôtre est en train de se priver. Ces synonymes corrects, plus fins et plus explicites, généralement plus simples (tel après), nous les voyons expirer, victimes de la paresse intellectuelle et du suivisme langagier qui ont permis en moins de vingt ans au barbarisme technocratique "suite à" de les évincer.

D'OÙ VIENT "SUITE À" ?


Rapport à (..."rapport à vos antécédents"...) et suite à (..."suite à notre débâcle"...) ont gagané les faveurs du parler populaire il y a une centaine d'années en qualité de plaisanteries de comiques troupiers raillant la mauvaise maîtrise de la syntaxe par les administrations. Formules bancales par dérision, faussement raffinées, elles étaient placées dans la bouche de troufions ou d'adjudants reprenant ces bourdes asyntaxiques de la langue administrative, mais dans un discours qui se voulait châtié. Le public n'était pas sourd à la cuistrerie de ces formulations et se tordait de rire. Le conscrit et son "suite à" étaient les ancêtres du policier de Coluche et de son hilarant "un visage pas tibulaire, mais presque" !

Hélas, aujourd'hui le public fait du comique troupier et du pré-Coluche sans le savoir, en se rengorgeant d'employer une locution aberrante, comme un bourgeois gentilhomme au comble du ridicule et ne s'en apercevant pas.
 
CONCLUSION

Alors, que faire contre le cancer suite à ? Ne pas craindre de reprendre avec obligeance les utilisateurs innocents de cette formule coupable.

• • •

POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE, CLIQUEZ ICI 
Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission, cliquez ici.



(1) Une linguiste dont nous tairons charitablement le nom croit voir une légitimation de la récente forme "suite à" dans l'existence multiséculaire de "face à" et "grâce à". L'Académie française ne partage pas son analyse et nous non plus : ces deux locutions sont hors-sujet, voire hors-jeu pour voler au secours de la réduction de "à la suite à" en "suite à", car elles ne sont issues ni de "à la grâce de" ni de "à la face à". En atteste l'impossibilité de dire "à la grâce de toi" au lieu de "grâce à toi" ou "à la face de toi" au lieu de "face à toi".  Elles ne légitiment pas non plus l'abréviation de "pour faire suite à" en "suite à", puisque "grâce à toi, je suis heureuse" ne saurait se dire "pour faire grâce à toi, je suis heureuse" non plus que "face à toi, je cède" ne saurait se dire "pour faire face à toi, je cède".

Commentaires

Anonyme a dit…
Correcteur indépendant, je suis souvent confronté à cette difficulté mais, une fois n'est pas coutume, je ne suis pas d'accord avec vous (à l’instar de certains grammairiens).
1. Une interrogation sur la base Ngram Viewer (la plus large analyse de textes depuis le XVIe siècle) montre qu'elle est utilisée régulièrement depuis 1780 environ, avec une accélération dans les années 1980. Il n'y a pas d'influence du comique troupier ni d'aucun évènement de type administratif .
2. Lorsqu'on consulte les attestations (des centaines), on est surpris de la variété des domaines d'emploi : scientifique, parlementaire, historique ou littéraire (même chez Proust).
3. Les formes "donner suite à…" et "faire suite à…" sont correctes, la préposition n'est donc pas en cause.
4. Linguistiquement, il n'y a pas de confusion et le raccourcissement des formes anciennes se retrouve un peu partout sans faire l'objet de foudres académiques (cf. faute de… ou face à…).
On peut néanmoins condamner l'usage abusif où le mot "suite" perd toute signification causale ou temporelle.
Finalement, je trouve que le combat est déplacé (voir aussi la guerre picrocholine autour de "par contre") et que vous êtes plus percutants et convaincants sur d’autres thèmes.
Miss LF a dit…
Merci pour votre remarque.

Ce qui est grave (j'emploie le mot sans légèreté), c'est que "suite à", par suivisme et paresse comme toujours, tue une trentaine de mots justes et de locutions précises (voir notre liste en gras).

Ce carnage n'avait pas lieu en 1780 !

Nous constatons qu'en 2021, "après" et "depuis" sont en train d'agoniser, étouffés par "suite à".

Il devient même difficile de trouver dans Twitter un communiqué officiel qui ne débute pas par "suite à" ou n'en soit pas truffé.

J'espère que vous comprendrez mieux ainsi pourquoi il convient de mener une guerre très radicale contre "suite à", en tant que professionnels de la langue française.

Bien confraternellement, Miss LF



Miss LF a dit…
Un internaute éclairé, Didier Pautard, s'émeut du véritable cancer de la langue qu'est devenue la formule "suite à", et relate en ces termes sa mésaventure de correcteur dont les soins sont défaits par un ignare opiniâtre, ou par plusieurs :



"Voulant bien faire, j'effectue des séries de correction dans Wikitionnaire et Wikipédia. Elles portent par exemple sur des formulations du type : «suite à la situation politique tendue entre les deux pays», que l'on peut exprimer correctement par «à cause des tensions politiques entre les deux pays». 

"Un certain nombre de contributeurs me remercient pour mes modifications. Malheureusement, un administrateur, toujours le même, importuné par ces améliorations, les critique et les révoque systématiquement en arguant de lourdeurs, de risques de changement de sens.

"Effectivement « suite à », en raison de son sens flou et de son inexactitude grammaticale, ne sous-entend rien de très explicite. Si « suite à » continue à phagocyter d'autres locutions, on peut légitimement s'inquiéter pour la diversité lexicale et la précision sémantique de la langue française.  Que faire ?" (fin de citation, 2014)



Notre Mission linguistique francophone constate qu'il est trop tard pour faire machine arrière. Ce déferlement n'a pas été vaincu et les efforts des institutions culturelles n'arrivant plus à peser face à l'inculture de la langue médiatique, politique et des affaires, gorgée de "suite à".
 C'est un vif sujet d'inquiétude. Un pan de la langue qui s'effondre.
Anonyme a dit…
Un gros titre de presse : "un agent poignardé suite à un contrôle d'identité".
Non : "lors d'un contrôle".
Miss LF a dit…
Merci. Nous ajoutons "lors" à la liste des termes phagocytés par le barbarisme "suite à".
Soliloque a dit…
Oui, c'est une "évolution" désolante. Au sens propre : elle désole tout un territoire de notre langue, devenu terre désolée sous les crânes qui y ont laissé entrer "suite à".

Articles les plus lus cette semaine

long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d' échéance, au sens de fin , comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus. Pourquoi ne faut-il jamais dire " sur le long terme " ni " sur le court terme " ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité. Or, dans notre langue, les chose se font à terme , et non sur terme : un enfant naît à terme , un loyer se paie à terme , un train arrive au terminus , etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme". " Sur terme " est donc faux, et " sur le terme " l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni " sur " ni " sur le " ne peuvent le précéder. Pour cette raison, on dira donc exclusivement " à long terme, à moyen terme, à court terme ", et on se désintoxiquera de l'incohérent " s...

a-t-elle l'air sérieuse ou l'air sérieux ?

La forme extrême du purisme s'appelle l' hypercorrection . C'est une méprise qui porte à considérer comme fautive une formulation ne méritant en réalité aucune réprobation. Ainsi en va-t-il de la croyance erronée selon laquelle l'expression " elle n'a pas l'air méchante " serait fautive, puisque le mot air est masculin et qu'il faudrait donc voir en " méchant " une épithète qualifiant l'air (méchant) de cette personne et non la personne (méchante) elle-même. Or, cette analyse est rarement juste et souvent entachée d'hypercorrection, car fausse. Lorsque c'est effectivement l'air adopté par la personne qui est qualifié, bien sûr le qualificatif de son attitude ou de son expression du visage doit être au masculin : " elle a un air absent " signifie qu'elle affiche une expression absente, un air absent. Tandis que " elle a l'air absente " signifiera qu'elle semble ne pas être là : "...

à très vite ou à très bientôt ?

Évidemment, seuls " à bientôt " et " à très bientôt " sont corrects, tandis que " à très vite " est un monstre grammatical dont la présence étonne dans la bouche et sous la plume de personnes qui ne sont ni ennemies de la logique ni esclaves des bourdes en vogue. En effet, la préposition à ne peut introduire ici que l'annonce d'un moment dans le temps. Or, " très vite " n'est pas une indication de temps mais de manière. On ne peut donc pas faire précéder " très vite " d'une préposition introduisant une indication de moment dans le temps, comme à demain , à jeudi , à plus tard , à dans deux mois ou à bientôt . De fait, personne ne dit " à vite !" au lieu de " à bientôt !", comme si seul le petit mot très avait permis la propagation du barbarisme " à très vite " en empêchant la transmission de sens entre la préposition à et l’adverbe vite , nous déconnectant ainsi de l’instinct gram...

similitudes et similarité

Le fait de présenter plusieurs aspects similaires sans être totalement identique se dit comment en anglais ? Similarities (pluriel de similarity) . You are right. Et comment cela s'appelle-t-il en français ? Des similarités ? Non : des  similitudes , ou même une  similitude . La Mission linguistique francophone relève une mise en péril de l'avenir du mot similitude par la mauvaise traduction généralisée de similarity et de son pluriel similarities . Les professionnels concernés (traducteurs, journalistes, pédagogues friands de publications scientifiques en anglais) sont invités à ne pas confondre le français et l'anglais, ni se tromper de désinence. Et donc, à se méfier presque autant du piège tendu aux similitudes par les "similarités", que du piège tendu à la bravoure par la "bravitude"... En français, on emploiera le singulier " la similitude " pour traduire l'idée d'une complète analogie (" la similitude de leurs deux t...

Mbappé ne s'appelle pas M-Bappé

La prononciation correcte du patronyme camerounais Mbappé ne tend aucun piège. Les journalistes de France et de Navarre s'en inventent pourtant un, et le prononcent majoritairement de façon fautive, en créant une séparation fictive entre la consonne M et les autres lettres. Ce qui donne l'étrange lecture "Êm' Bappé", qui est une absurdité comme le serait "Êss' Tendhal" au lieu de Stendhal, "Zêd Idane"" au lieu de Zidane, ou "Tom Cé Ruise" au lieu de Tom Cruise. Si les professionnels de la parole ont du mal à articuler la succession de consonnes - mb -, ils peuvent s'y exercer en répétant sans la moindre difficulté : " sa mba pé rilleuse sans Mba ppé rieur ". Ou encore : " je m'bats  contre Mba ppé", puis " Mba ppé m'bat ", et finalement "si tu m'bats , je m'ba rre !" PS : L'articulation subtile d'un M directement accolé à un B, nous la réussissons sa...

métier n'est pas un adjectif

Le site officiel du ministère de l'Intérieur français a annoncé simultanément un bonne et une mauvaise nouvelle, et l'a fait en ces termes, extraits d'une offre d'emploi : "intégrer une direction qui comporte une grande diversité de domaines « métier » avec de hauts niveaux d’expertise, c'est l'opportunité que vous propose [le] ministère de l'intérieur." Cherchant à se libérer de l'obligation de trouver le mot juste, on remarque que le rédacteur de l'annonce du ministère, gêné par sa propre carence, s'est senti obligé d'entourer " métier " de guillemets, comme si cela gommait ou atténuait la faute de français. Détrompons-le charitablement : 1°/ non, "métier" n'est pas un adjectif qualificatif ; 2°/ non, un mot au singulier ne peut pas qualifier un mot au pluriel (ici, le nom commun  domaines ) ; 3°/ non, les guillemets ne gomment pas les fautes, ils les enjolivent à peine. Il n'est donc pas perm...

battre son plein : la célèbre erreur de Littré

Subjugués par le prestige du lexicographe Émile Littré, les académiciens français se sont jadis inclinés devant une erreur de jugement qui avait rendu ce savant homme sourd au son limpide qui se fait entendre dans l'expression populaire " battre son plein ". Dans cette formule, les uns estimaient qu'il s'agissait du son des tambours battants. D'autres y entendaient le son des cloches (dont la partie mobile les faisant tinter s'appelle en effet le battant ). D'autres encore, férus de navigation maritime, ont estimé qu'il s'agissait du son de la mer. Et c'est judicieux aussi : un son parfois faible comme un murmure dans le vent, parfois plein comme l'est un roulement de tambour battant. Optant pour cette dernière signification, Littré voulut mettre un terme à une autre controverse qui battit son plein vers 1850. Effort louable. Si ce n'est qu'il se rangea bien à tort du côté des tenants d'une rupture logique et narrative : es...

peut-on coconstruire ?

Néologisme inutile à souhait, le verbe coconstruire signifie simplement construire . Ou éventuellement construire ensemble , si l'on aime les périssologies [précisions redondantes]. Car dans con struire, le préfixe con- signifie déjà ensemble ! Mais surtout, parce que le contexte indique toujours que la prétendue " coconstruction " se fera à plusieurs : dans " nous allons coconstruire ", le sujet pluriel est déjà là pour exprimer la communauté d'action. Et dans "je vais coconstruire", on voit que l'énoncé est absurde (construire ensemble mais seul ?), ou bien qu'il manque le complément précisant avec qui je vais construire. Or, "je vais coconstruire une maison avec mes cousins" serait un pléonasme, qu'on s'évitera en disant tout simplement " je vais construire une maison avec mes cousin s". La réponse est donc : non, on ne peut pas "coconstruire" sans commettre une maladresse de langage. Ma...

on ne tire pas les conséquences

" Il faut en tirer les conséquences " ne veut rien dire (*) : ce n'est qu'un nœud dans la langue de bois. On tire le diable par la queue, on tire une histoire par les cheveux, mais on ne tire pas des conséquences, on tire des conclusions . On peut aussi tirer des leçons ou des enseignements . Tandis que les conséquences, on les assume . Éventuellement après les avoir mesurées (" mesurez-vous les conséquences de vos actes ?"). Le monde politique francophone fourmille pourtant d'orateurs haut placés qui "tirent des conséquences" (sic) à tout propos ou exigent que d'autres s'en chargent, par amalgame entre deux expressions justes : tirer des conclusions et assumer des conséquences . Cette confusion est à rapprocher du cafouillage " loin s'en faut " (sic), lui aussi vide de sens et qui résulte également de l'incorrecte hybridation de deux expressions correctes : loin de là et il s'en faut de beaucoup . (*) ...

je vous partage

Depuis 2023, une construction grammaticale incohérente envahit les réseaux sociaux et trouble ainsi les esprits fragiles en matière de francophonie. C'est l'inepte "je vous partage" ; au lieu de " je partage avec vous " ou " je partage " (tout court). HYPOTHÈSE 1 Soit il s'agit d'une erreur de verbe : "partager" au lieu de "montrer, transmettre, adresser, communiquer, fournir", etc. Incorrect : Je vous partage ces images. Correct : Je vous montre / je vous adresse / je vous transmets / je vous fournis / je vous communique ces images. HYPOTHÈSE 2 Soit il s'agit d'une faute de construction du verbe "partager". Incorrect : Je vous partage ce lien. Correct : Je partage ce lien. Correct : Je partage ce lien avec vous. La précision "avec vous" est généralement inutile, car les personnes auxquelles s'adresse le message savent bien... qu'il s'adresse à elles. La correction à apporter au s...