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immature ou mûr, mais pas "mature"

En français, le contraire d'immature n'est pas mature (anglicisme) mais mûr.

L'adjectif mûr possède un antonyme bien connu : immature. La force de cet antonyme est telle qu'un grand nombre de professionnels de la langue (journalistes, écrivains, politiciens, publicitaires) et de professionnels de la maturité (psychologues, enseignants) en perdent leur français.

En effet, l'emploi de l'adjectif inverse de immature, à savoir mûr, est devenu minoritaire dans les médias francophones écrits et parlés, au bénéfice de "mature" (sic). Or, le terme "mature" est impropre et son emploi déconseillé. "Mature" n'est admis que dans le jargon piscicole, où il qualifie un poisson prêt à frayer. Et encore ne s'agit-il là que d'entériner l'adoption ancienne, par toute une profession, de la mauvaise traduction technique du terme anglais "mature" qui signifie mûr et, par extension parvenu à maturité sexuelle donc adulte.

En français, la situation est claire - ou devrait l'être et gagnerait à le redevenir : puisque le contraire de l'adjectif mûr est le mot immature, le contraire de l'adjectif immature est le mot mûr. C'est aussi simple que ça ! Sauf à admettre comme règle d'évolution du vocabulaire l'oubli de son point de départ sur le chemin du retour...

La locution parvenue à maturité ou parvenu à maturité est aussi un substitut très satisfaisant à l'anglicisme "mature", si jamais on estime que l'adjectif francophone mûr ne suffit pas à traduire en français le contraire de l'immaturité.

NDE : Divers dictionnaires estimables ont entériné sans grand discernement une acception psychologique de "mature" au lieu de mûr. Il ne faut y voir qu'un opportunisme commercial et non une légitimation officielle de cette impropriété de terme.

NDA : Dans un site, de langue pourtant, nous avons trouvé cette traduction du grec paidion : "enfant mâture" (sic) ! Un enfant qui a mis les voiles, sans doute ?

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Commentaires

Pierre a dit…
"Mature" est évidemment un anglicisme. Malheureusement, les anglicismes abondent aujourd'hui dans notre langue, davantage encore dans la Belgique francophone, me semble-t-il. Je pense que votre combat est vain. Je le déplore évidemment, mais je continuerai de vous lire et même de propager votre discours dans ma sphère...
Miss LF a dit…
Bonjour Pierre. merci pour votre fidélité.
Plutôt que d'un "combat", il s'agit d'analyse et de pédagogie.
Peu de gens tiennent absolument à mal parler. La plupart sont simplement entraînés par les courants et lestés par l'ignorance de ces courants. Quel francophone de moins de trente ans sait que la maturité est le fait d'être mûr, et non le fait d'être "mature" ? Ceux qui lisent ce blogue !

Car évidemment ceux qui lisent exclusivement la presse et n'écoutent que les médias parlés sont entraînés par les torrents de bourdes qui s'y propagent, et qui deviennent le français courant.

Par sa pédagogie parfois mordante, ce blogue qui frise le demi-million de visiteurs et devrait les atteindre début 2021, n'est ni vain ni dépourvu d'effets positifs mesurables. Il se retrouve assez souvent cité mot pour mot (avec ou sans guillemets) et je m'en réjouis en tant que fondateur, dès 1992, du club de philologie du français médiatique dénommé MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE (M.L.F., non sans auro-dérision), dont il est depuis 2007 la publication dématérialisée.

F.A.
Miss LF a dit…
Dans un site de langue pourtant, nous avons trouvé cette traduction du grec paidion : "enfant mâture" (isc) !
Un enfant qui a pris les voiles, sans doute ?

(https://emcitv.com/bible/strong-biblique-grec-paidion-3813.html)

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