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directrices, fondatrices et chercheuses

Dans les fonctions de direction, chaque fois qu'il est établi qu'une femme n’est pas un homme, il est certain que le titre de sa fonction ne saurait être "directeur" (sic) mais bien directrice.

Idem pour toute fondatrice qui n'est pas un fondateur, et pour toute femme pratiquant la recherche, qui est bien une chercheuse et non un chercheur ni - pire encore - une chercheure (sic).

Paradoxalement revendiquée par de nombreux écervelés soutenant que les femmes seraient mieux loties avec des oripeaux d'hommes, l'adoption par des femmes d'un nom de métier masculins dont le féminin existe pourtant depuis des siècles est une erreur grammaticale pure et simple ; une confusion des genres, à proprement parler.

En cas d'entêtement dans l'erreur - et quelle qu'en soit la justification  ("je préfère" ou "cela me confère davantage d'autorité" ou "un directeur, un fondateur, un chercheur, c’est plus sérieux qu’une directriceune fondatrice, une chercheuse") - il appartient aux dirigeants de sociétés et institutions diverses de faire remédier, dans les organigrammes et sur les cartes de visite, à ces impropriétés de terme à forts relents sexistes.

En effet, le sexisme s'insinue à la fois dans le réflexe de dévalorisation d'un titre féminin - un comble de la part de femmes - et dans le refus implicite de toute réciprocité : "Le caprice de porter un titre paradoxal m'est réservé ; il est hors de question que l'un des hommes de mon équipe se présente comme étant ma collaboratrice ou une de mes collaboratrices comme étant mon collaborateur.

Heureusement, il existe dans les pays civilisés une législation rigoureuse prohibant la promotion des discriminations de genre dans la vie professionnelle, que leur ressort soit misandre ou misogyne. Chacune ne peut que s’en réjouir et y faire personnellement obstacle en ne dévalorisant pas son propre nom de métier par préjugé irrationnel.

Illustration : Christine Hodgson, ni fondatrice ni chercheuse mais directrice générale et fière de l'être. 

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NDE : Nous republions cet article de 2015 à l'attention d'une ancienne sénatrice française tout récemment nommée ministre, en espérant infléchir sa surprenante détermination à se présenter officiellement comme "ancien sénateur" (sic) en dépit de sa flagrante féminité et d'un parcours scolaire très honorable qui ne devrait lui laisser aucun doute sur l'existence bien ancienne, dans notre vocabulaire, des féminins dessinatrice, agricultrice, puéricultrice, instigatrice, institutrice,  traductrice, actrice, cantatrice et sénatrice.

Commentaires

Asparagus a dit…
Excellent ! Quel mordant ! Avec quelle habileté vous mêlez la défense du féminisme le plus universel... et la raillerie d'un féminisme dévoyé poussant la paranoïa anti-mecs jusqu'à s'approprier, comme vous dites, "les oripeaux des hommes" et endosser leurs dépouilles comme les Jivaros réduisaient la tête de leurs ennemis.

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