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repartir à la hausse ou à la baisse

Il est hautement préférable de dire que la température est en hausse ou augmente plutôt que "la température repart à la hausse". Voici pourquoi.

Préciosités balourdes sur le plan du style et grammaticalement fautives, les formules "repartir à la baisse, repartir à la hausse" étaient un tic verbal du défunt commentateur boursier radiophonique Jean-Pierre Gaillard.

Non seulement ce tic lui a survécu mais il a supplanté les termes les plus clairs : augmenter, croître, se réduire, baisser, etc.

Examinons la cascade de gaucheries qui éclabousse cette malencontreuse complication du langage.

• Grammaticalement, baisse et hausse doivent être précédées de la préposition en et non à : en hausse, en baisse ; et non à hausse, à baisse.

• Il n'y a pas lieu d'y intercaler un article, défini ou indéfini. C'est même à bannir : en une hausse, en une baisse sont aussi ineptes que en la baisse, en la hausse. Rien ne s'améliore lorsque la préposition à remplace abusivement la préposition en : à la baisse, à la hausse sont aussi discordants ! Même si 50 ans de radotage de cette faute nous y ont habitués.

• Pourquoi employer l'article défini LA baisse, LA hausse ? Est-ce une hausse singulière ? Bien sûr que non, puisqu'elle "repart" ! 

• Sinon pourquoi voir partout des hausses et des baisses "repartir" ? Par périssologie, c'est-à-dire par abus d'insistance dans la formulation.

• Et pourquoi "(re-)partir" en baisse au lieu d'être en baisse ? Par défaut de simplicité. Par emphase journalistique.

Tout professionnel de la météo, de l'économie, des enquêtes d'opinion, du tourisme, de la politique et autres domaines propres à évoquer une fréquentation en hausse ou une popularité en baisse sera bien inspiré de formuler cette variation comme nous venons de le faire : avec limpide sobriété.

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