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la confiance clients : une purge vendue en pharmacie

Pour se faire une idée du mépris qu'inspire le souci du maniement le plus élémentaire de notre langue à certains membres de professions pourtant dites "professions intellectuelles supérieures", on peut pousser la porte d'une officine pharmaceutique et s'émouvoir d'y être accueilli par la proclamation publicitaire incongrue reproduite ci-contre.

Signaler, comme nous l'avons fait dans une officine à Paris, l'aberration syntaxique de cette proclamation publicitaire ornant sa vitrine est un moyen très sûr de déclencher l'hostilité railleuse de la pharmacienne, dans le registre "oui, bon ben quoi, j'vois pas où est l'problème, j'y peux rien", le bras fermement croisés sur la poitrine, le sourire narquois et la mauvaise foi en bandoulière.

Donc, on peut être titulaire d'un diplôme de docteur en pharmacie, membre d'un groupement de pharmaciens pour qui "notre santé est capitale" (autre proclamation publicitaire jouxtant la précédente sur la même affiche mais bien formulée pour sa part) et penser sérieusement que le serment commercial "mériter la confiance clients" ça y'en a être texte digne vitrines - pour parler, bien sûr, comme les pharmaciens aux yeux desquels "mériter la confiance clients" est du bon français.

Pas besoin d'être un professionnel de santé pour y voir plutôt une entorse très gonflée.

Ladite attaque contre la santé de notre langue est méthodiquement répercutée à l'intérieur des officines sur des écrans vidéo, afin que nul n'y échappe. Et sans que nulle pharmacienne ni pharmacien n'y remédie.

Se regrouper entre pharmaciens pour asséner ça aux chalands et patients pas encore décérébrés, c'est un peu violent pourtant, non ?

NDA : Le plus incommodant dans la cette campagne de publicité sur le lieu de vente signée par quelque agence de communication au service du groupement Parispharma, c'est son incohérence intrinsèque. En effet, on y trouve côte à côte le massacre grammatical "mériter la confiance clients" [au lieu de "la confiance de nos clients"] et un autre serment à la syntaxe irréprochable : "assurer la cohésion de nos équipes" [et non "assurer la cohésion équipes" qui serait pourtant cohérent avec l'inepte "confiance clients"]. Il faut croire, chers pharmaciens parisiens, que vos clients ont droit à moins de considération que vos propres équipes... Est-ce ainsi que vous comptez mériter leur confiance ?  Miss L.F.

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Commentaires

Anne a dit…
Bonjour, j'admire vos remarques, qui sont à la fois pertinentes et drôles. Cependant, dans le paragraphe suivant, deux constructions grammaticales me choquent : il me semble que le verbe « débuter » est intransitif et que l'emploi de « ne » avec «sans que » est incorrect.
les observateurs bénévoles de la Mission Linguistique Francophone ont débuté ce mois-ci une campagne de constats et de visites de courtoisie chez les franchisés pharmaceutiques unis sous ce slogan boiteux et inconvenant, voire contrevenant. Il en ressort que ladite attaque contre la santé de notre langue est méthodiquement répercutée à l'intérieur des officines sur des écrans vidéo, afin que nul n'y échappe. Et sans que nulle pharmacienne ni pharmacien n'y remédie.

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