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support papier : le monstre administratif indécrottabe



Sachant que le papier est par nature un support, il est inapproprié de le préciser dans la formule "sur support papier", comme il serait inapproprié de voyager "en véhicule voiture" ou de servir le beaujolais "dans un récipient verre ballon".

Cette précision superflue, appelée périssologie, se double ici d'un viol de la grammaire : qualifier un terme à l'aide du mot papier, notre langue ne le permet pas car le mot papier n'est pas un adjectif !

Les choses ne sont pas "papier", elles sont en papier ou sur papier ou de papier [telle notre licorne].

Le français connaît les industries papetières (industries du papier), les cocottes en papier et les corbeilles à papiers, mais ne connaît pas les documents papiers (sic), les versions papier (sic), les annuaires papier (sic), le support papier (sic) ni les objets "papier" d'une manière générale. 
Les formules employant le mot papier comme qualificatif sans l'équiper de la construction grammaticale appropriée - de papier, en papier, sur papier - sont donc des barbarismes à proscrire. 

Exactement pour la même raison que sont à proscrire les maisons bois (sic) et les ossatures bois (sic) au lieu des constructions et ossatures en bois. Correctes en anglais, ces agglutinations sans joint syntaxique sont abusives en français.

Merci aux agents et chefs de service des administrations françaises d'en prendre définitivement note, sur quelque support que ce soit. Grrrr... 

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Commentaires

Anne a dit…
Bonjour
L’« espace attente » de la gare d’Austerlitz me paraît relever à la fois de ce problème et de celui que vous commentez dans l'article du 12 septembre sur le pôle scolaire et l'espace engazonné…

Je ne m'habitue pas à la prétention de ces gens, lesquels de plus s'expriment avec la syntaxe d'un enfant de deux ans (et ce n'est pas gentil pour les enfants de deux ans). Je ne peux m'empêcher de penser que c'est le même genre de gens qui à une époque auraient utilisé l'expression « parler petit nègre » à propos de ceux qui oublient les prépositions…

AB
Miss LF a dit…
Bonjour Anne. En effet. Il y avait le "petit nègre" et le "style télégraphique". Les prépositions sont tellement épuisantes à prononcer et à écrire (en général une syllabe, deux ou trois lettres) qu'elles deviennent impensables : on ne les pense plus, donc on n'y pense pas. Miss LF
Anne a dit…
Bonjour, merci de votre réponse. Effectivement, quand je veux être polie, je dis « style télégraphique ».
Je pense que la fiche du Greta sur la formation des lecteurs-correcteurs est édifiante : nous sommes invités à « candidater » l'un des objectifs de la formation est « Être capable d'effectuer la relecture critique d'un texte sur support papier ou informatique et d'en améliorer sa lisibilité. »
Cela me laisse sans voix…

https://www.cdma.greta.fr/fiches/lecteur-correcteur-en-communication-ecrite/

AB

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