dimanche 18 novembre 2007

Les missions de la Mission

La Mission linguistique francophone est un organisme culturel international dont la vocation est d'encourager la pratique d'une langue française riche, vigoureuse et intelligible, par-delà les frontières et les modes.

La Mission linguistique francophone s'attache notamment à rappeler quotidiennement aux professionnels de l'écriture et de la parole que le français est une langue vivante, donc vulnérable ; et qu'il leur appartient plus qu'à d'autres de veiller sur sa santé.

La Mission linguistique francophone s'efforce de s'interposer chaque fois que notre langue subit des sévices répétés de la part des locuteurs et rédacteurs professionnels, où que ce soit dans le monde, mais spécialement dans son berceau même, la France, et particulièrement dans les médias de ce pays.

La Mission linguistique francophone s'efforce d'empêcher la propagation des atteintes irréfléchies à la langue française, partout où son équilibre, sa sobriété et sa clarté sont menacés par la négligence, le manque de discernement ou le suivisme de certains professionnels de la langue eux-mêmes.

La Mission linguistique francophone veille à ce que le défaut de maîtrise qui sape la cohérence de la langue française ne soit pas présenté comme une fructueuse évolution, et appelle à la modération les professionnels qui s'engagent inconsidérément dans la voie de la désagrégation lexicale, phonétique et syntaxique du français.

La Mission linguistique francophone scrute l'environnement linguistique francophone, agit pour la protection de ses composantes fondamentales et participe à son enrichissement.

La Mission linguistique francophone œuvre ainsi à la vitalité de la langue française.

Association culturelle en même temps qu'organisation professionnelle, la Mission linguistique francophone fédère les efforts des personnes et des institutions intéressées par la promotion d'une pratique harmonieuse de la langue française, et par ses relations d'excellent voisinage avec les autres langues.


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mercredi 14 novembre 2007

le gavage et la gravure


Certains graveurs industriels font preuve de beaucoup d'attachement à l'emploi du mot "gravage" (de DVD, de vitrages, etc). L'action de graver s'appelle pourtant la gravure.

Le gravage se trompe de suffixe. La langue française a choisi d'unifier ses beaux-arts par une même désinence : gravure, peinture, sculpture, architecture, et non gravage, peintage, sculptage et architectage. Les graveurs artisanaux ou industriels qui emploient cependant "gravage" donnent à cela une explication embarrassée : gravure ça fait trop artiste, gravage ça fait plus technique.

Cette crainte n'est pas fondée.

D'une part la désinence en -ure est fréquente dans les termes techniques (soudure, bouture, reliure, ferrure, dorure, etc). D'autre part, ni les entreprises de peinture de fuselage des avions ni celles de peinture en bâtiment n'ont éprouvé le besoin de créer le mot peintage pour faire plus technique. Et la célèbre marque au Bibendum parle bien de la sculpture de ses pneus, et non de leur "sculptage", sans se condamner à perdre ainsi son statut de leader mondial, ni craindre d'être confondu avec Jean-Raymond Michelin, sculpteur en pâte-à-sel...

La vérité est que l'instinct du mot juste tend à se diluer dans l'imprécision sans que les erreurs de vocabulaire soient scrupuleusement corrigées, comme le sont les erreurs d'orthographe, aussitôt que signalées. Ainsi le "gravage" (de CD) a-t-il été forgé par analogie irréfléchie avec pressage et marquage - termes corrects. En résultat, on obtient un mot inutile, plus proche du gavage que de la gravure.