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Articles

Affichage des articles du juillet, 2023

"sur" dépasse les bornes

"Ce dont on parlait sur les travailleurs." (Manuel Bompart, député français et docteur en mathématiques, 6 juillet 2020) La préposition SUR est ici employée inconsidérément à la place de l'un des termes POUR ou À PROPOS DE ou CONCERNANT, qu'elle phagocyte. " Ce dont on parlait pour les travailleurs " ou " ce dont on parlait à propos des travailleurs " ou " ce dont on parlait concernant les travailleurs " ,  voulait probablement dire cet orateur politique de langue maternelle française. Ou peut-être : "ce qu'on disait sur les travailleurs". Pour mieux comprendre quelle intrigue se noue dans notre feuilleton estival autour du petit mot de trois lettres sur devenu fou dans la langue de France contrairement à la plupart des autres pays francophones, résumons les épisodes précédents de ses méfaits. En moins d'une semaine, sur a été surpris à torpiller sans sommations les mots suivants : • à (avec les tristemen...

en interne, en individuel, en sous-scutané : triple faute

Les francophones qui ne s'alarment pas de la disparition du complément de nom correctement formé (" votre numéro de compte ") au profit de juxtapositions imitées de l'anglais (" votre numéro client ") ne s'alarment pas d'une altération profonde de la syntaxe du français. Ils invoquent l'intérêt de simplifier toute langue, et saluent l'économie d'effort d'articulation procurée par la suppression du mot " de "... On doit se réjouir que la paresse soit une si haute vertu à leurs yeux, car on s'en attristerait en pure perte. Mais alors, on s'étonne de leur acharnement à ajouter ailleurs des mots superflus. Dans l'entreprise, les réunions internes deviennent des réunions " en interne ". Selon le même travers, on peut lire ce matin dans la presse nationale française le compte rendu d'une expertise médicale concernant un rocker francophone : un épanchement " en sous-cutané " y est décrit. ...

communauté de communes : un contre-pléonasme

Il existe en France mille et une communautés de communes [en 2019 : 1001 exactement !]. Appellation politique tellement grotesque que les francophones sains d'esprit et de langue ont d’abord cru à un canular. Cette désignation apparue en 1995 doit son ridicule involontaire à ce qu'on appelle en littérature un contre-pléonasme . Le pléonasme juxtapose des termes différents exprimant une idée très semblable ( la pluie humide ). Dans communauté de communes , il y a juxtaposition de termes très semblables exprimant deux idées différentes :  commune signifie ici ville ou village, tandis que communauté signifie union. Ceux qui sont instinctivement heurtés par le contre-pléonasme de la communauté de communes ont donc une bonne raison de l'être. Mais tous les créateurs de néologismes administratifs n'ont pas l'ouïe si chatouilleuse ni l'esprit aussi vif. Ils ne nous surprendront guère en inventant bientôt la " communauté communautaire de communes communales com...