lundi 18 janvier 2010

suite à

Initialement, l'expression ''suite à'' n'était employée que par dérision, au même titre que "rapport à". Pour singer la langue administrative ou militaire malhabile, dans des phrases comme : "Mon adjudant, j'voudrais vous causer rapport à l'invasion adverse suite à ma désertion".
On sait pourtant que la construction des locutions ''suite à'' et ''rapport à'' est absolument défectueuse, puisque le complément de nom se construit avec la préposition de et non la préposition à (il convient de dire "le père de Louis" et non "le père à Louis" ; de même, "la suite de l'action", et non "la suite à l'action").
En France, contrairement au Québec, cette dimension sarcastique a récemment été perdue de vue par des professionnels de la langue écrite et parlée devenus coutumiers d'employer suite à au lieu de après ou à la suite de ou par suite de ou pour faire suite à ou en raison de. La même faute n'est pas encore constatée avec la locution "rapport à", qui reste cantonnée au registre de la dérision. Mais l'agonie des nombreuses entrée en matière en parfaite santé* semble avoir débuté, au bénéfice de ce très bancal "suite à", subitement prisé par des millions de comiques troupiers qui s'ignorent.

* à la suite de, à cause de, en raison de, après sont les principales victimes de l'épidémie de suite à.

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