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Articles

Affichage des articles du juillet, 2014

nouvelle carte des régions de France

La refonte de la carte des régions administratives françaises est un projet auquel la Mission linguistique francophone apporte son soutien actif, et pour lequel elle a donc formulé une proposition créative. Cette proposition (ci-contre et ci-après) diffère de celles débattues initialement dans l'arène politique, en ce qu'elle ne commet pas la même erreur intrinsèque : apparier plus ou moins adroitement des régions existantes, alors même que ces régions sont vouées à disparaître.   Il y a là une faille logique importante dans laquelle s'embourbent les projets et contre-projets soumis à l'appréciation des élus et de l'opinion. De plus, en tant que module de base de fabrication des nouvelles régions, les actuelles régions sont surdimensionnées pour permettre d'opérer une refonte territoriale innovante avec la finesse voulue. Par ailleurs, la question onomastique (la problématique des noms propres) a été laissée de côté jusqu'à présent, comme si la f...

métaphores : vers un puritanisme rhétorique

Dans sa  Lettre de la Médiatrice de Radio France , ladite médiatrice Emmanuelle Daviet s'est fait l'écho - en toute neutralité bienveillante - d'une protestation compréhensible mais infondée, sous ce titre en forme de truisme rédigé par une auditrice française mécontente : "la schizophrénie n'est pas une métaphore" [non, en effet, c'est une maladie mentale, nul ne l'ignore]. Cette auditrice entend que soit autocensuré, voire censuré d'autorité, l'usage des noms de maladies comme métaphores ou hyperboles. Ce vœu est contraire à la liberté d'expression, à la littérature et à la vitalité du français courant. Pour apaiser nos propres lecteurs en leur ouvrant les yeux sur l'innocuité de ces sens figurés, voici maints exemples de métaphores d'affections médicales dont il n'y a pas lieu de s'émouvoir, aussi cruelles que soient ces pathologies pour qui en souffre dans la réalité : • la surdité ("vous êtes sourds à nos demandes...

portable, consommable, livrable

Le vingt et unième siècle a apporté aux francophones la manie de désigner les choses non plus par des noms communs mais par des adjectifs. Et souvent des adjectifs à désinence en - able . S'il fallait aujourd'hui inventer un nom pour  la bouteille ou  le lit , nul doute que ce seraient respectivement la remplissable et le dormable . Ces exemples n'ont rien de caricatural puisque le monde francophone, désormais, consomme des consommables , se fait livrer des livrables  et porte avec soi des portables (téléphones ou ordinateurs - who cares ?). Dans les jargons professionnels, les événements sont devenus des événementiels , les références des référentiels , de bonnes relations sont devenues un bon relationnel, comme le fait de savoir écrire est désormais un bon rédactionnel , et tout à l'avenant. La Mission linguistique francophone met en garde les créateurs de désignations commerciales et les inventeurs de termes techniques contre cette tendance. Elle constate...