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Articles

Affichage des articles du juillet, 2024

parasportifs, paraathlètes

P A R A S P O R T I F S : hors de question ! Pire encore, son synonyme paraathlètes (pire car mal orthographié para-athlètes ou para athlètes dans la plupart des occurrences).  Apparus pour désigner des concurrents d'épreuves d' handisports , ces néologismes incultes sont totalement désobligeants. En effet, le français emploie deux préfixes homonymes, dont les significations sont voisines, l'une et l'autre chargées de défiance : PARA (latin) = qui protège de, qui empêche (parasol, parachute) PARA (grec) = en marge, presque (paramilitaire, parapharmacie, paraphrase, paranoïa) Qualifier donc les sportifs porteurs d'un handicap de "presque sportifs" ? NON ! Que les Jeux paralympiques aient été ainsi dénommés était pertinent car ils prenaient en effet place en marge des Jeux olympiques. C'étaient presque des Jeux olympiques. C'était aussi une scabreuse greffe entre paraly tique et o lympique . Avec l'évolution des esprits et des performances qui ...

dans les méandres de la Seine "baignable"

La Seine "baignable". C'est avec stupéfaction que les personnes qui n'ont pas encore perdu l'instinct de leur propre langue ont entendu proliférer ce néologisme moche, paresseux, inepte et suiviste, y compris dans la bouche du président Macron, pourtant lauréat du Concours général de français. Ainsi un maire-adjoint parisien chargé de l'eau écrit-il : " La Seine baignable (sic) porte un message rassurant ". Alors qu'il lui suffisait de dire, sans copier sur ses voisins : " Pouvoir nager dans la Seine porte un message rassurant ." Il pouvait aussi évoquer, sans violer notre langue : la Seine saine, la Seine propre, la Seine propre à la baignade (formule adoptée par Le Monde), la Seine où l'on peut nager, etc. Mais en aucun cas : la Seine nageable, la Seine baignable, ses berges marchables - qui sont autant de barbarismes irréfléchis. La langue est notre environnement premier. Ne la rendons pas imbuvable... RAPPEL : Ce qui est...

égoportrait : le selfie francophone

Francisation magistrale par les Québecois de l'anglais  selfie , on peut regretter que l' égoportrait n'ait pas pris un essor fulgurant dans notre langue, contrairement à tant de termes inutiles ou tournures maladroites. Le portrait de soi, c'était déjà de longue date l' autoportrait . Mais on sait qu'un selfie n'est qu'un autoportrait bâclé à bout de bras ou à bout de perche, sans réelle portée créatrice, et donc un miroir présenté à soi-même pour s'admirer ou se souvenir de soi, plutôt qu'une œuvre donnée à voir au monde pour se dépeindre. Abandonnant le préfixe grec auto- qui renvoie à soi après un détour par l'extérieur, les Canadiens lui ont substitué le latin ego signifiant moi. Moi, moi, moi, encore et toujours moi ! C'est bien l'état d'esprit que revendique la pratique de l' égoportrait -  dont la parenté sémantique avec égotisme et égoïsme n'est pas accidentelle. Illustration : cette image d'un j...