lundi 14 janvier 2008

avalanche de principes de précaution

Directement sculptée dans la langue de bois politique, l'expression "principe de précaution" a connu un succès fulgurant à l'orée du vingt et unième siècle. Elle est encore très présente dans des tournures boursouflées telles que : "en vertu du principe de précaution" - dont la traduction en français correct tient en deux mots au lieu de six : par précaution ; ou par prudence.

Toute prise de précaution relève d'un principe : la précaution. Le "principe de précaution" n'est donc qu'un pléonasme ronflant, un tic de langage à proscrire de son vocabulaire.

De fait, on perçoit des signes annonciateurs de la décrue de cette sotte expression qui aura inondé le discours des années 2000 à 2010.

Ainsi, à la suite de fortes précipitations de neige, le maire d'une petite ville des Alpes est interviewé sur les ondes d'une radio nationale française et annonce sa décision d'interdire provisoirement l'accès à la station de ski "pour respecter le principe de précaution", dit-il avec importance. Bonne surprise : le journaliste ne suit pas son interlocuteur sur cette mauvaise pente et conclut avec sobriété que la station a été fermée par précaution.

La Mission linguistique francophone invite chacun à revenir à cette simplicité. À revenir, par principe, à la prudence et à la précaution toutes simples, sans détour par le suivisme.

Outre un mirobolant projet d'inscription du "principe de précaution" dans la constitution française, de nombreux ouvrages paraissent [voir Mathilde Boutonnet parmi cent autres], qui attestent de ce suivisme, et de la nécessité de dégonfler l'abcès de fixation entourant cette formule à la fois vaine, redondante et sans nécessité fonctionnelle ni pertinence linguistique, puisque le "principe de précaution" ne recouvre rien de neuf qu'on ne puisse appeler simplement des précautions.


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