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Articles

Affichage des articles du juin, 2024

métaphores : vers un puritanisme rhétorique

Dans sa  Lettre de la Médiatrice de Radio France , ladite médiatrice Emmanuelle Daviet s'est fait l'écho - en toute neutralité bienveillante - d'une protestation compréhensible mais infondée, sous ce titre en forme de truisme rédigé par une auditrice française mécontente : "la schizophrénie n'est pas une métaphore" [non, en effet, c'est une maladie mentale, nul ne l'ignore]. Cette auditrice entend que soit autocensuré, voire censuré d'autorité, l'usage des noms de maladies comme métaphores ou hyperboles. Ce vœu est contraire à la liberté d'expression, à la littérature et à la vitalité du français courant. Pour apaiser nos propres lecteurs en leur ouvrant les yeux sur l'innocuité de ces sens figurés, voici maints exemples de métaphores d'affections médicales dont il n'y a pas lieu de s'émouvoir, aussi cruelles que soient ces pathologies pour qui en souffre dans la réalité : • la surdité ("vous êtes sourds à nos demandes...

c'est, ce n'est pas

Une élue francophone rédige un communiqué de légitime protestation contre les incuries municipales de la ville dont elle est sénatrice, à savoir la capitale nationale française, elle-même capitale mondiale de la langue française, Paris. Ce faisant, cette parlementaire précise ceci, sans qu'aucune de ses deux assistantes au Sénat n'ait tiqué donc rectifié : " Ce ne sont pas aux Parisiens de se serrer la ceinture ". En effet. Ce ne sont pas à eux. Et doublement pas. Car la tournure "ce ne sont pas à eux" (sic) est une lourde faute de syntaxe. CORRIGÉ : Le sujet du verbe être n'est pas ici " les Parisiens " mais le pronom démonstratif " ce ",  lequel est invariablement neutre et singulier. Le verbe être doit donc se conjuguer ici au singulier. NON : ce ne sont pas à vous de faire cet effort. OUI : ce n'est pas à vous de faire cet effort. • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CL...

d'est-e en ouest-e

" Orages sur l'est-e du pays ." Chacun a pu remarquer que les orateurs professionnels francophones parvenaient sans peine à prononcer le duo de consonnes "-ST-" [ st ade, hi st oire, compo st ] à l'intérieur d'un mot, mais qu'il semblait être au-dessus de leurs forces de le prononcer correctement en fin de mot, c'est-à-dire sans y ajouter un -E fictif. C'est ainsi que l'est de l'Europe devient " l'est-e de l'Europe ", et tout à l'avenant. Il en va de même pour les trios de consonnes "-STN-" [ po stn atal ], "-STF-" [ Oue st-F rance ] et "RCD" [ Pa rc d es Princes ] rarement énoncés par les orateurs professionnels sans l'ajout d'un -E qui n'existe pas [ poste-e-natal , Parc-e des Princes, Ouest-e-France ]. Il est vrai qu'articuler le phonème "-STD-" n'est pas naturel aux francophones, tandis que les anglophones y arrivent sans peine et sa...