Vent de bout est un terme de navigation à voile indiquant qu'un bateau se trouve exactement face au vent et n'avance donc plus. Qu'il est privé de vitesse et de possibilité de manœuvre, toutes voiles dégonflées, inerte. C'est donc dans un sens faux que cette expression est devenue insidieusement un tic de la langue médiatique et politique, une dizaine d'années après l'an 2000. Lorsqu'un orateur politique nous annonce aujourd'hui que ses partisans sont " vent debout contre " telle ou telle réforme, il s'imagine nous annoncer qu'ils s'y opposent avec vigueur, comme redoutablement campés sur leurs deux jambes dans un vent funeste. Mais il dit exactement le contraire : il nous apprend qu'ils sont réduits à l'impuissance et immobiles dans une mer qui s'agite sans eux... Ce n'est pas une lourde impropriété de terme, juste une petite erreur de cap sémantique. Car à 15° près dans la rose des vents, ces opposants pourr...
En France, les professionnels de la langue - que sont notamment les journalistes, les enseignants et les orateurs politiques - semblent souvent avoir perdu la boussole : celle qui indique d'instinct à notre intelligence le mot juste. Hélas, cette désorientation de la langue des professionnels affecte en profondeur le langage courant. Spécialement en ce qui concerne le choix instinctif de la juste préposition de lieu . Qui sait encore qu'on n'habite pas "sur Lyon" mais À Lyon ? Concernant les îles, dont actuellement le Groenland, l'emploi fautif par les journalistes de "sur l'île" au lieu de " dans l'île " transforme ces solides territoires insulaires, sculptés dans l'écorce terrestre, en de frêles embarcations posées sur la mer ; ou de vagues pontons SUR lesquels on vadrouille. Ne procédons pas à ce sabordage. Revenons dans les îles. Et rappelons à nos proches que la ravageuse préposition sur n'y a pas sa place à tout prop...