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Articles

Affichage des articles du février, 2025

cancérigène ou cancérogène ?

Apparu le premier dans notre langue, en un temps où les médecins étaient tous d'excellents latinistes et de bons hellénistes, le mot cancérigène s'est vu ultérieurement attaquer par un agent perturbateur : son synonyme mal lettré, "cancér o gène". Bien que les dictionnaires, dont celui de l'Académie française, entérinent les deux termes et leurs reconnaissent exactement le même sens, l'un seulement est correctement construit, et c'est cancérigène , avec un i.  Nul n'en disconviendra après la petite leçon d'anatomie que voici. Dans sa langue d'origine, le latin, la déclinaison du mot cancer lui confère un génitif tantôt en canceris tantôt en cancri (d'où viennent les cancres et les chancres ) et un nominatif pluriel en canceres ou cancri , mais jamais en canceros ni cancero ni cancro. Pas de "o" en ses articulations. Pourtant, une partie du corps médical francophone semble avoir récemment fait le choix de préférer le te...

ce qui se passe ou ce qu'il se passe ?

Que se passe-t-il ? La musique familière de cette question anodine et très correctement formulée semble être à l'origine d'une tendance persistante à déformer la tournure correcte de la réponse : " je ne sais pas ce qui se passe", en la remplacer par " je ne sais pas ce qu'il se passe ". Personne, pourtant, ne songe à remplacer " je ne sais pas ce qui me plaît en toi " par " je ne sais pas ce qu'il me plaît en toi ". Le maniement des verbes impersonnels fait appel à une perception instinctive, et cependant subtile, du lien entre la syntaxe et le sens, qui piège même les meilleurs auteurs, il est vrai. Le public, quotidiennement soumis aux approximations linguistiques des orateurs professionnels, peine légitimement à s'y retrouver. Dans le doute, la simplicité est toujours salutaire. Et l'on sera bien inspiré de préférer savoir ce qui se passe , plutôt que ce qu'il se passe , question à laisser aux intervieweurs m...

forêt urbaine

Des urbanistes au service de politiciens de l’écologisme ont forgé la locution « forêt urbaine » pour désigner la plantation en centre ville d’un petit nombre d’arbres dont la vocation première est de justifier la dénaturation d’un espace architectural ou carrossable dégagé, après l’avoir diabolisé comme étant « trop minéral ».  Le mot forêt,  de signification fort précise*, n'est pas ici galvaudé. Il est détourné. Détourné pour commettre, par hyperbole, une grotesque tromperie sur la marchandise à visée de propagande. En linguistique, cela s'appelle une "extension de sens abusive". En commerce, une escroquerie. En urbanisme et en paysagisme, une faute professionnelle. Tout le reste n'est (de la part des promoteurs de cette hyperbole attrape-gogos) qu'ergotage de mauvaise foi ; ce qui est le propre des professionnels pris en faute, des escrocs en action et des politiciens filous. N'entrons pas dans ce jeu. * https://www.onf.fr/ : UNE FORÊT est un territoir...