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de et deux, se et ceux, que et queue

Queue s'est-il passé
[QUE s'est-il passé] ? Un nouveau juge ceux saisis du dossier [SE saisit du dossier] et l'enquête ceux concentrent maintenant  [SE concentre maintenant] sur le fils. Deux nouveaux entendus [DE NOUVEAU entendu], il nie toute implication." (Jean-Marc Morandini).

Comme, hélas, la majorité de ses collègues de l'audiovisuel francophone de France (ce n'est pas le cas partout ailleurs), cet animateur de télévision, dont le métier est pourtant d'abord de nous parler de façon distincte, ne parvient pas à respecter la différence importante entre les sons "E" (comme dans ME) et "EU" (dans FEU). Il ne semble pas entendre les différences majeures entre cela et ceux-là, entre de moi et deux mois, entre deux nouveaux et de nouveau, entre Que de poissons !  et queue de poisson, entre se saisit et ceux saisis, entre je et jeu, ni me et meuh...

Pourtant, cette distinction phonétique n'est ni négligeable ni infime. Mais au contraire tellement marquante qu'elle se distingue massivement dans une foule d'autres mots, comme "peu" et "peur", "feu" et "fleur", "feutre" et "feuille", dans lesquels les différences indiscutables des sons "E / EU" s'écrivent pourtant de la même manière (eu).

Dans l'extrait authentique cité en introduction, les sons voyelles "E" qui devraient être ouverts, comme dans "je" ou "beurre", sont à tort fermés comme dans "creux" ou "dieu", brouillant ainsi le sens. Ce n'est pas le fait d'un accent étranger ou régional mais d'une mauvaise habitude non corrigée par la conscience professionnelle. Conscience d'un professionnel de la parole, de l'ingénieur du son qui l'enregistre, du producteur qui vend cet enregistrement, puis du diffuseur supposé vérifier que ce qu'il diffuse est prêt à l'être.

En résultat, la mauvaise lecture de mots aussi élémentaires que de, se, ce ou que nous astreint à reformuler en permanence la narration pour lui donner un sens et trouver la solution de l'énigme parlée. On peut appeler ça du travail bâclé. On peut aussi noter qu'un musicien qui jouerait constamment le ré dièse comme un ré bémol devait quitter l'orchestre. Tout comme le chef qui ne s'en apercevrait pas.

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