D'autres malheurs mais pas celui-ci. Car une inflation galopante, selon la définition de cette expression en sciences économiques et en français, est bien un malheur et non un simple sujet d'inquiétude ou de contrariété. C'est une radicale et dévastatrice perte de valeur de la monnaie heure par heure, tellement vertigineuse qu'on peine à se l'imaginer. Nous reproduisons en illustration une liste de ces calamités historiques (source : Wikipédia).
Il y est question d'une inflation de 54 000 000 % par an au Venezuela ! Et d'une inflation de 30 000 000 000 000 000 000 000 000 000 % en un seul mois (janvier 1994) en Yougoslavie !
Il y a pourtant des journalistes et politiciens prompts à employer à la légère la formule "inflation galopante" pour faire grief à leur gouvernement de hausses du coût de la vie très inférieures à 5% ou 10%. Il faut les tenir pour les ignares indécents qu'ils sont en la matière de terminologie économique.
Déplorer une inflation, tout court, suffit alors. Ou une forte inflation si tel est le cas (très supérieure à 10%), voire inquiétante si elle l'est. Mais dans l'emploi de l'expression "inflation galopante" à propos de quelques unités d'inflation pour cent, c'est la désinformation qui est forte et inquiétante.
NDA : Et pour "une baisse de 0,6% du pouvoir d'achat", la terminologie hyperinflation ou inflation galopante, comme nous l'avons lue, devient grotesque.
NDE : On trouve des sites de vulgarisation de l'économie ou des lexiques hâtifs affirmant avec aplomb que l'inflation serait galopante à partir de 10% ! Leurs rédacteurs sont des égarés qui s'imitent les uns les autres. Ils sont ici démentis avec justesse.
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