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crime climatique

Le jargon politique de l'écologisme est depuis peu infesté de grandiloquents "crimes climatiques" (sic). Une malhabile traduction de l'anglais "climate crimes". Malhabile car entachée de deux faux-sens en deux mots, soit 100% de termes mal compris et mal traduits en vrai français.

1• Aux USA, l'infraction de tapage nocturne est qualifié de crime, car le vocabulaire juridique n'y fait pas de distinction entre crimes, délits et infractions autrement qu'en ajoutant un complément de nom pour en préciser la nature. C'est pourquoi crime, aux USA, a aussi le sens de délit ou infraction.
2• Placé en apposition - comme dans climate changes - le nom commun anglais climate devient un complément de nom qui se traduit en français par du climat ou par l'adjectif climatique. Mais ce terme climate est abusivement employé par les militants des USA comme métonymie de environnement, voire nature, dans des contextes où il faut voler au secours de l'une et l'autre.

Il en résulte que les "climate crimes" du monde anglophone sont en français intelligemment traduit des délits environnementaux. Ils doivent être désignés comme tels (délits environnementaux) par les professionnels francophones de l'art oratoire ou de l'écriture. Qu'ils soient auteurs de travaux scientifiques ou juridiques, pédagogues, journalistes, politiciens [NDA : tous ces termes étant d'inoffensifs pluriels neutres mixtes, et non d'odieux masculins]. Toute langue a sa vitalité propre et s'épanouit selon son propre habitat. La vitalité de la langouste n'est pas celle de la musaraigne ni du colibri. La vitalité du français n'est pas celle du mandarin ni de l'anglais. Notre langue est notre environnement premier. Elle aussi est vivante donc vulnérable. Ne la foulons pas au pied, ne la dénaturons pas, au moment même où nous nous disons soucieux de protection du vivant.

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