lundi 1 septembre 2008

une médaille olympique n'est pas une breloque

La grande fête olympique a rimé, une fois encore, avec grande dé-fête linguistique.

Les commentateurs sportifs les plus en vue se sont surpassés dans le dérèglement lexical, syntaxique et phonétique. Ainsi a-t-on pu entendre dire qu'un lutteur avait "bien paradé l'attaque" (sic) de son adversaire (comprenez : "bien paré l'attaque"), et qu'un judoka avait fait preuve de beaucoup de tact (sic) pour arriver en demi-finale (comprenez : beaucoup de sens tactique). Mais cela ne serait rien sans l'avalanche de termes argotiques que les journalistes sportifs ne perçoivent plus comme tels : les pattes, la tronche, le mec, etc. Summum de cette perte de repères lexicaux et d'incapacité à ajuster le niveau de langue du commentaire sportif : les médailles, si noblement méritées, sont désormais qualifiées de breloques. Le comble de l'honneur rabaissé au comble de la trivialité... Et comme cela ne suffit toujours pas, il faut bien sûr s'emmêler délibérément les pinceaux dans les préfixes : en français, on décroche la place de premier ou la médaille qui va avec ; mais en langue de commentateur sportif, depuis peu, on accroche la place de premier ou la médaille qui va avec...

"Il faut que la langue évolue", entend-on dire. Certes. C'est sans doute pourquoi l'adjectif Olympique se prononce désormais Ôlympique chez les journalistes de la génération montante. Géniale évolution, en vérité, qui fait entendre un Ô au lieu d'un O, un oméga au lieu d'un omicron, au mépris de l'origine notoirement hellénique de ce mot. Car en grec, Olympe s'écrit avec un omicron (son ouvert comme dans coq) et non un oméga (son fermé comme dans gros). La prononciation fermée du O ouvert de Olympique est donc strictement illégitime, en grec comme en français.

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