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en finir avec au final

La faute de français "au final" (sic) a connu une propagation fulgurante, entre 2005 et 2008. Depuis, la contagion de notre langue par cette expression fautive s'est stabilisée mais son succès ne se dément pas.

C'est pourtant une locution que les professionnels de la langue ne devraient ni employer ni accréditer auprès du public.

Car le barbarisme "au final" (sic) est formé de manière défectueuse sur le modèle de "au total", par oubli de l'existence du nom commun fin qui a déjà fourni la locution à la fin. Or, la fin, ça existe ; le total (au total) aussi ; le départ (au départ) aussi ; le fond (au fond) aussi. Mais "un final", ça n'existe pas.

La langue française ne connaît que la finale [la finale d'un championnat, par exemple] mot féminin, ou le finale [le finale d'une symphonie, par exemple] mot masculin malgré son E ... final.

Oui, qu'il soit féminin ou masculin, le substantif français finale s'écrit avec un E terminal, hérité de son étymologie italienne dans le cas du finale masculin, appartenant au vocabulaire musical. Si l'on tient absolument à employer cette inutile locution qui déforme "à la fin" sous la pression du suivisme et sous l'influence de "au total", il faut au moins opter pour la seule façon correcte de l'écrire : "au finale" (avec un E). Cela signifie alors : "aux derniers instant de l'œuvre musicale dont nous sommes en train de parler".

Est-ce vraiment ce que veulent dire les francophones qui truffent leur conversation de cette expression parasite ? Certes non. Ils veulent dire quelque chose comme "au total" mais avec l'idée de fin plutôt que d'addition.

Et c'est ainsi que, malgré sa formation incorrecte et son inutilité, l'expression "au final" (sic) est employée désormais par trois locuteurs sur quatre à la place des adverbes "finalement", "enfin" et "ensuite", ou à la place d'expressions sans défaut comme "à la fin", "en fin de compte", "au bout du compte", "tous comptes faits", "en résultat", "pour finir".

"Au final" (sic) a aussi détrôné "à l'arrivée" [au sens figuré de "finalement"] et "derrière" [au sens abusif de "ensuite"], en vogue dans les années 1990, aujourd'hui en nette perte de vitesse.

Mais il reste à l'être humain la délicieuse liberté de s'abstenir de suivre tous les courants en vogue, même les plus vains. On peut alors choisir d'éviter de contribuer à la mort cérébrale de l'irréprochable adverbe "finalement" et de l'impeccable locution "à la fin", en leur rendant grâce et vitalité.

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NDA : Le masculin un finale (de symphonie, de concerto, d'opéra) a donné son nom au fameux logiciel professionnel de création de partitions musicales (illustration ci-dessus). Ce mot d'origine italienne adopté par le français avec une prononciation à la française et un pluriel francisé [un finale impétueux, des finales grandiloquents] a aussi été adopté par l'anglais, mais en y imitant la prononciation italienne, puisque la prononciation anglophone de ce terme de musique est "finalÉ". 

Commentaires

Syl a dit…
Personnellement, je n'en peux plus de cette expression utilisée par mes collègues, les politiciens, les journalistes, les amis. C'est encore un effet de mode mais c'est tellement énervant de l'entendre même de la bouche de personnes soit disant intellectuelles ou au moins instruites, qui ont étudié le français et le latin... on disait avant "in fine", ou finalement, ou en fin de compte, mais le panurgisme l'emporte... et j'ai l'impression que les gens qui le disent en sont fiers !

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