Accéder au contenu principal

3D relief : l'image stéréo

Au cinéma et en photographie, la "3D" s'appelle depuis plus de cent ans la stéréoscopie. Bien avant que le son devienne stéréophonique sur bandes (années 1940) puis sur microsillons (en 1958) et sache ainsi donner à un vaste public l'illusion du relief sonore, l'image stéréoscopique avait réussi ce prodige au moyen de binocles adressant deux messages différents à chaque œil.

Les films de cinéma que l'on nous présente comme étant projetés "en 3D" ou pire "en 3D relief" (sic), sont des films stéréoscopiques. La Mission linguistique francophone promeut activement la remise sur pied de cet adjectif. Nous préconisons donc l'adoption du terme image stéréo (en l'occurrence, stéréoscopique) au lieu de "3D relief", en parfaite adéquation avec l'usage qui a fait apparaître dans notre langue le son stéréo (en l'occurrence, stéréophonique). Rien de plus cohérent ni de plus sensé n'est proposé actuellement par les publicitaires ni par les techniciens du film. En outre, cette désignation présente l'avantage d'être de portée mondiale, toute les langues ou presque ayant déjà adopté dans leur vocabulaire la stereo en même temps que le disque y venait.

NDE : cette préconisation a été faite par le Mission linguistique francophone dès 2012, nous la remettons sur le dessus de la pile.

POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE, CLIQUEZ ICI

Commentaires

Anonyme a dit…
D'accord pour stéréo. Mais il faut retenir que l'expression 3D vient de l'image calculée par ordinateur. Il s'agit alors d'une image volumique, que l'on peut voir sous tous les angles, pas nécessairement avec l'impression du relief. C'est pourquoi les films stéréoscopiques ont pu être désignés comme « 3D relief ».

Articles les plus lus cette semaine

à très vite ou à très bientôt ?

Évidemment, seuls " à bientôt " et " à très bientôt " sont corrects, tandis que " à très vite " est un monstre grammatical dont la présence étonne dans la bouche et sous la plume de personnes qui ne sont ni ennemies de la logique ni esclaves des bourdes en vogue. En effet, la préposition à ne peut introduire ici que l'annonce d'un moment dans le temps. Or, " très vite " n'est pas une indication de temps mais de manière. On ne peut donc pas faire précéder " très vite " d'une préposition introduisant une indication de moment dans le temps, comme à demain , à jeudi , à plus tard , à dans deux mois ou à bientôt . De fait, personne ne dit " à vite !" au lieu de " à bientôt !", comme si seul le petit mot très avait permis la propagation du barbarisme " à très vite " en empêchant la transmission de sens entre la préposition à et l’adverbe vite , nous déconnectant ainsi de l’instinct gram...

similitudes et similarité

Le fait de présenter plusieurs aspects similaires sans être totalement identique se dit comment en anglais ? Similarities (pluriel de similarity) . You are right. Et comment cela s'appelle-t-il en français ? Des similarités ? Non : des  similitudes , ou même une  similitude . La Mission linguistique francophone relève une mise en péril de l'avenir du mot similitude par la mauvaise traduction généralisée de similarity et de son pluriel similarities . Les professionnels concernés (traducteurs, journalistes, pédagogues friands de publications scientifiques en anglais) sont invités à ne pas confondre le français et l'anglais, ni se tromper de désinence. Et donc, à se méfier presque autant du piège tendu aux similitudes par les "similarités", que du piège tendu à la bravoure par la "bravitude"... En français, on emploiera le singulier " la similitude " pour traduire l'idée d'une complète analogie (" la similitude de leurs deux t...

peut-on coconstruire ?

Néologisme inutile à souhait, le verbe coconstruire signifie simplement construire . Ou éventuellement construire ensemble , si l'on aime les périssologies [précisions redondantes]. Car dans con struire, le préfixe con- signifie déjà ensemble ! Mais surtout, parce que le contexte indique toujours que la prétendue " coconstruction " se fera à plusieurs : dans " nous allons coconstruire ", le sujet pluriel est déjà là pour exprimer la communauté d'action. Et dans "je vais coconstruire", on voit que l'énoncé est absurde (construire ensemble mais seul ?), ou bien qu'il manque le complément précisant avec qui je vais construire. Or, "je vais coconstruire une maison avec mes cousins" serait un pléonasme, qu'on s'évitera en disant tout simplement " je vais construire une maison avec mes cousin s". La réponse est donc : non, on ne peut pas "coconstruire" sans commettre une maladresse de langage. Ma...

on ne tire pas les conséquences

" Il faut en tirer les conséquences " ne veut rien dire (*) : ce n'est qu'un nœud dans la langue de bois. On tire le diable par la queue, on tire une histoire par les cheveux, mais on ne tire pas des conséquences, on tire des conclusions . On peut aussi tirer des leçons ou des enseignements . Tandis que les conséquences, on les assume . Éventuellement après les avoir mesurées (" mesurez-vous les conséquences de vos actes ?"). Le monde politique francophone fourmille pourtant d'orateurs haut placés qui "tirent des conséquences" (sic) à tout propos ou exigent que d'autres s'en chargent, par amalgame entre deux expressions justes : tirer des conclusions et assumer des conséquences . Cette confusion est à rapprocher du cafouillage " loin s'en faut " (sic), lui aussi vide de sens et qui résulte également de l'incorrecte hybridation de deux expressions correctes : loin de là et il s'en faut de beaucoup . (*) ...

Poupée de cire, poupée de son

France 2, chaîne de télévision nationale, a coutume de diffuser et rediffuser chaque année un même documentaire sur le concours de la chanson de l'Eurovision. Bonne idée, car il est très bien fait. Mais ce serait une meilleure idée encore d'en supprimer un commentaire qui se veut élogieux mais se montre déconcertant d'incompréhension de l'art de Serge Gainsbourg dans son brillant maniement de la langue française et son talent d'auteur. Dans ce documentaire de France 2, pour vanter la chanson Poupée de cire, poupée de son ,  un sympathique ex-animateur nommé Patrick Sabatier en fredonne la mélodie et assène ensuite : "bon, avec une mélodie pareille, c'était pas grave d'avoir des paroles, "poupée de cire, poupée de son", disons-le, sans grand intérêt, assez enfantines."  Et paf dans ta gueule, Serge ! Puisque ce documentaire est diffusé et rediffusé, c'est que personne au sommet ni à la base de la direction des programmes de Franc...

Mbappé ne s'appelle pas M-Bappé

La prononciation correcte du patronyme camerounais Mbappé ne tend aucun piège. Les journalistes de France et de Navarre s'en inventent pourtant un, et le prononcent majoritairement de façon fautive, en créant une séparation fictive entre la consonne M et les autres lettres. Ce qui donne l'étrange lecture "Êm' Bappé", qui est une absurdité comme le serait "Êss' Tendhal" au lieu de Stendhal, "Zêd Idane"" au lieu de Zidane, ou "Tom Cé Ruise" au lieu de Tom Cruise. Si les professionnels de la parole ont du mal à articuler la succession de consonnes - mb -, ils peuvent s'y exercer en répétant sans la moindre difficulté : " sa mba pé rilleuse sans Mba ppé rieur ". Ou encore : " je m'bats  contre Mba ppé", puis " Mba ppé m'bat ", et finalement "si tu m'bats , je m'ba rre !" PS : L'articulation subtile d'un M directement accolé à un B, nous la réussissons sa...

long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d' échéance, au sens de fin , comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus. Pourquoi ne faut-il jamais dire " sur le long terme " ni " sur le court terme " ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité. Or, dans notre langue, les chose se font à terme , et non sur terme : un enfant naît à terme , un loyer se paie à terme , un train arrive au terminus , etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme". " Sur terme " est donc faux, et " sur le terme " l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni " sur " ni " sur le " ne peuvent le précéder. Pour cette raison, on dira donc exclusivement " à long terme, à moyen terme, à court terme ", et on se désintoxiquera de l'incohérent " s...

ne lâchez rien, on ne lâche rien

Il y a douze ans déjà (23/12/2013), avant que "ne rien lâcher" soit devenu le leitmotiv éculé de tout compétiteur et tout négociateur, nous écrivions ce qui suit à propos de  cette expression dévorante qui fit sa grande percée en 2013. Un aimable animateur d'émission littéraire, voulant conclure un compliment à un jeune auteur prometteur, et l'encourager sans doute par ces mots à poursuivre sa carrière, lui dit à mi-voix : " ne lâchez rien ". " Ne rien lâcher " nous est venu du commentaire sportif, au sens de " résister" à ses concurrents, "surclasser" son adversaire, " poursuivre son effort ". De là, le tic verbal est passé au journalisme d'information générale dans une acception toujours plus vaste donc plus vague, puis s'est posé sur la langue courante et s'y accroche. Pour longtemps ? Peut-être pas. Le vent l'emportera. En guise de bain de bouche, la Mission linguistique francophon...

gêne occasionnée par la RATP ou la SNCF

A juste titre, de nombreux usagers jugent horripilante la formule apparue au début du XXIe siècle : " veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée ". Inventée par la RATP, la " gêne occasionnée " a fait tache d'huile dans pas mal de cerveaux, au point de s'y imposer comme un nouveau cliché : un cercle vicieux, une fausse joie, un panier percé, une gêne occasionnée . Apparemment anodine et pleine de sollicitude, la formule " veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée " offense non seulement la langue mais la logique et la morale. En voici la démonstration. Sur le plan linguistique et logique, on déplorera dans " la gêne occasionnée " deux choses qui vont de pair :  1• un abus de précision voisin du pléonasme, appelé périssologie : toute gêne est occasionnée, inutile de le préciser ; 2• l'absence d'un complément d'agent ou d'objet : occasionnée par qui, par quoi, à qui ? Si la précision par qui, par quoi...

celles et ceux

Pénible tic oratoire politique ayant récemment dégouliné dans la langue médiatique, " celles et ceux " est une faute de français irréfléchie. Plus exactement, une faute de style appelée périssologie, voisine du pléonasme. En effet : le pronom "ceux" ayant une vertu de neutre mixte [" nos filles et nos fils sont ceux qui nous succéderont "], l'adjonction du pronom exclusivement féminin " celles " revient à évoquer deux fois les sujets non-masculins. Cette vaine préciosité à vocation démagogique - souvent raillée mais toujours employée - aboutit paradoxalement à une formulation moins inclusive, par ségrégation du genre féminin détaché du neutre réellement inclusif, au nom d'une irrecevable "non-mixité choisie". POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI   Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.