vendredi 19 juin 2009

des monts ou démons ?

Le français de France a subi ces quinze dernières années une évolution phonétique alarmante : la quasi disparition du son "ê" en fin de mot ou dans les mots monosyllabiques. C'est ainsi que  la baie des Anges [avec impérativement deux sons "ê" comme dans fête] devient l'abbé Dézange [avec, par inattention ou par caprice, deux sons "é" comme dans été à la place des deux sons "ê" comme dans fête].

Cette disparition, constatée sur la langue et dans l'esprit des récitants de la presse parlée de France, s'étend immanquablement aux autres locuteurs professionnels (comédiens, politiciens, enseignants, etc) et par conséquent, au public francophone de France tout entier.

On remarque notamment que les articles pluriel "les" et "des" (à prononcer "" et "") sont généralement prononcés, depuis peu, " lé " et " dé ", dans les journaux d'information parlée. Il en résulte non seulement une perte de saveur musicale mais des énigmes. Lorsqu'un journaliste de télévision français prononce "départ de la société" il faut peut-être comprendre "des parts de la société" - ou peut-être pas. Quand il prononce "désespoir", il faut peut-être comprendre en réalité "des espoirs" - ou peut-être pas. Bref, il faut jouer aux devinettes avec l'information parce que les locuteurs de métier jouent à cache-cache avec la prononciation.

Si ce travers s'installait dans la langue française et s'y officialisait, si cette nouvelle norme s'imposait donc à tous les utilisateurs de la langue française, l'enseignement de la lecture s'en compliquerait grandement, avec cette nouvelle règle : "Les sons ê se prononcent é en fin de mots et dans les mots monosyllabiques, et se prononcent ê dans les autres cas, sauf exceptions". Obliger les enfants à écrire il/elle aimait et vous aimez quand tout cela se prononcera officiellement il/elle/vous aimé deviendra aussi cruel qu'inepte.

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