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procès et décès

L'arrestation d'un terroriste fait disserter les journalistes de la presse parlée sur l'imminence de son procès et sur les décès de ses victimes.

Plus leurs voix sont juvénile, plus ces envoyés spéciaux, récitants de bulletins d'informations ou lecteurs de prompteur à la télévision esquintent le mot décès comme s'ils ne savaient pas lire un accent grave [ce qui donne "le D.C." au lieu du décès], et déforment plus encore le mot procès [prononciation correcte : pʁɔ.sɛ] qu'ils prononcent "preaucé". Ils commettent ainsi deux fautes de phonétique (Ô au lieu de O ; É au lieu de È), ce qui est beaucoup pour un mot ordinaire de deux syllabes, dont aucune ne présente de piège orthographique susceptible d'induire en erreur un professionnel de la diction, rétribué pour la justesse de son articulation et de sa prononciation.

La Mission linguistique francophone attire donc l'attention des jeunes juristes, des jeunes professionnels de l'information parlée et du grand public sur le fait que le mot procès possède un accent grave sur son E, ce qui rend obligatoire la prononciation È ou Ê (comme dans crèche, Grèce ou fraîche) de sa seconde voyelle, et non É (comme dans blé, ciné ou léger). Quant à la première syllabe, il n'existe aucune raison de la prononcer "prau", avec un son Ô fermé (comme dans gros) alors que sa prononciation correcte exige un O bien ouvert (comme dans fort). Il en va de même pour les mots projet ou propret qui ne se prononcent pas "praujé" ni "praupré".

Le réflexe de vérifier ses sources est inculqué aux élèves journalistes. Sans faire le procès des écoles de journalisme françaises, on peut s'étonner que des cours de vigilance phonétique n'y soient pas dispensés [au même titre que la vérification de la parole qu'on répand], puis appuyés par un coefficient élevé aux examens dans la spécialité presse parlée et audiovisuelle. Faute de cette formation primordiale, la langue médiatique devient un marais d'approximation sonore, voire de pourrissement des racines de la musicalité de notre langue et de sa cohérence entre sens et sonorité.

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Commentaires

Anonyme a dit…
Je comprends parfaitement votre démarche visant à préserver la justesse phonétique de la langue française, trop souvent négligée dans les médias. Le mot procès , trop fréquemment déformé en "preaucé", perd alors tout son sens étymologique et phonétique. Comme vous le soulignez avec raison, cette erreur s’inscrit dans une tendance plus large d’approximation linguistique qui affecte non seulement ce mot, mais aussi projet ou propret . La confusion entre l’accent grave et l’accent aigu n’est pas anodine : elle modifie la tonie de la syllabe et altère la cohérence du langage parlé. Il est d’ailleurs troublant d’entendre des professionnels de la parole publique commettre des erreurs sur des mots aussi courants, alors que leur métier repose sur la précision. Cette désinvolture rappelle presque une mort lente de la rigueur linguistique dans le domaine audiovisuel. Former davantage les journalistes et autres speakers à ces subtilités permettrait sans doute de mieux préserver notre patrimoine sonore et culturel.

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