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à Marie Laguerre, la bien nommée.

Lettre ouverte
à Marie Laguerre, la bien nommée.
à Marie Laguerre, créatrice de l'élégant mot-dièse #Tagueule
à Marie Laguerre, créatrice d'un site internet gratuit d'incitation aux "témoignages" anonymes contre tous les hommes, au nom de la protection de toutes les femmes, toutes victimes de tous les hommes, lesquels méritent tous de s'entendre dire et écrire "#ta gueule".

On n'incite pas toute une population à la délation anonyme contre un groupe humain désigné à la haine générale ("vos frères, vos pères, vos maris" - c'est votre liste terrifiante, mot pour mot - "tous des ordures, un jour ou l'autre"). Cela ne vous rappelle-t-il pas la haine des juifs, des noirs, des femmes adultères désignées aux lapideurs ? Quelle malfaisante initiative... Mais beaucoup vous applaudissent en moutons de Panurge. Votre agresseur est un taré isolé, sans doute en proie à des troubles psychiatriques, vous en faites une généralité.

On aimerait mettre cela avec indulgence sur le compte de votre jeune âge, qui n'est pourtant pas fatalement synonyme d'immaturité. Mais on ne le peut pas. Trop de médias vous font écho sans aucune mesure ni discernement, et vous en êtes devenue trop instantanément et trop ouvertement ivre de pouvoir. Un pouvoir terrifiant : celui de désigner, et de calomnier impunément tous vos congénères masculins comme brutaux et suspects.

C'est pur sexisme. Mais, étudiante probablement distraite, vous affectez de ne pas connaître le sens rigoureusement neutre de ce mot. Il va de soi pour vous, comme pour tant de tribuns hommes ou femmes, que le sexisme, c'est uniquement la turpitude masculine dirigée contre les femmes. Non, c'est aussi celle d'une femme haranguant les délatrices anonymes contre tous les hommes, tous harceleurs, tous violeurs, tous cogneurs. Tous condamnés d'avance sous un piètre amoncellement de délations anonymes dont vous orchestrez la médiatisation.

Ce sexisme de femmes contre les hommes, nous l'avons en abomination autant que l'autre, car c'est le même. Le même combustible empoisonné de l'archaïque guerre des sexes.

Miss L.F. 

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