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Articles

juin, mois de la phonétique

La Mission linguistique francophone lance une campagne d'information des dirigeants de chaînes de télévision et stations de radio françaises sur les problèmes de phonétique qui entachent la diction des professionnels de la parole donnés à entendre sur leurs antennes. Ces fautes de prononciation - puisqu'il faut bien les appeler par leur nom - se répercutent dans le public et altèrent pesamment la langue courante. À l'approche des grandes vacances, il paraît opportun de permettre aux francophones de France ou de passage en France (tels les étudiants étrangers en séjour linguistique), de baigner dans un environnement sonore plus cohérent et plus clair. C'est pourquoi nous menons cette action pendant le mois de juin, déclaré "Mois de la phonétique" chez les professionnels des médias parlés ; à charge pour eux de mettre un point d'honneur à favoriser ensuite l'apprentissage sonore du français durant tout l'été. Et tout le reste des années, si possib...

salon mondial du modélisme

Vers 1650, les précieux ridicules brocardés par Molière répugnaient à employer les mots usuels pour dire ce qu'ils avaient à dire. Le cidre devenait "le nectar pétillant du verger neustrien". Et les adjectifs prenaient la place des substantifs : la tendresse devenait le tendre ("j'éprouve un profond tendre pour vous"). Depuis une dizaine d'années, les précieux sont de retour. Ils ne disent plus " par prudence " mais "en vertu du principe de précaution". Ils ne disent plus " les politiciens " mais "les politiques" (adjectif employé à la place de son substantif). De sorte que, dans une formule comme "les politiques d'autrefois", nul ne sait plus s'il s'agit des actions politiques menées dans le passé ou des personnages politiques du temps jadis. Dans le même esprit, les précieux ne disent pas " le salon du modélisme " mais "le mondial du modélisme". À ne pas confond...

rencontres sur l'environnement

Le ministère de tutelle des récentes rencontres sur l'environnement organisées par le gouvernement français a souhaité les intituler "Grenelle environnement". Une appellation ignorante des règles de construction du complément de nom en français (avec la préposition de ). Cette faute de syntaxe a été délaissée par les médias qui ont choisi de former correctement le complément de nom et ont rebaptisé ces rencontres " Grenelle de l'environnement ". En dépit de cette rectification grammaticale, l'étymologie de "Grenelle de l'environnement" reste particulièrement déroutante pour les linguistes, mais aussi pour les spécialistes des sciences politiques et de l'histoire contemporaine. En effet, dans la métonymie "accords de Grenelle" (1968), dont cette appellation se réclame, "Grenelle" ne signifie pas " accords " ni " rencontres " mais " ministère (français) du Travail " [dont les locaux son...

grenellocompatible

Une publication ministérielle ( La lettre du Grenelle environnement ) annonce fièrement la naissance d'un néologisme d'une difformité et d'une lourdeur confondantes : grenellocompatible . La Mission linguistique francophone y décèle un dérèglement lexical de grande ampleur et met en garde les francophones sains d'esprit contre l'utilisation de pareils monstres sémantiques : contrairement au hongrois ou au japonais, le français n'est pas une langue agglutinante, dans laquelle les idées composites s'expriment par des radicaux accolés en un mot global. Le secrétariat d'État français qui promeut déjà l'incohérente appellation " Grenelle environnement " (au sens de accords sur l'environnement ) se réjouit de participer à une détérioration volontaire de la langue. Cette situation contradictoire résume la grande désorientation du français en France : quelques institutions (l' Académie française , la Délégation générale à la langue françai...

France Terme

La Mission linguistique francophone salue la mise en ligne du nouveau site d'aide au maniement du vocabulaire " France Terme ". Créé par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture [français], ce site propose des outils (moteur de recherche lexicale, traduction automatique) et des contenus explicatifs facilitant la sélection et la compréhension des termes spécialisés, nouveaux ou non, dans tous les domaines.

attractivité du Morbihan

Une agence de communication spécialisée dans l'édition d'entreprise a joint la note que voici à l'attention de son typographe : "N e rien modifier dans ce texte, car il est conforme aux exigences du cahier des charges ". Ah bon ? - s'est demandé le typographe, à la lecture du texte en question, intitulé " attractivité financière du parcours de soins " - le cahier des charges exige la présence de barbarismes dans les titres ? L'emploi en français du faux ami anglais attractive , qui signifie séduisant, attrayant , a donné naissance dans certains esprits au néologisme " attractivité " [comme dans " attractivité touristique du Morbihan "] dont l'emploi est vivement déconseillé, voire prohibé. On peut s'inquiéter de constater que cette faute de français caractérisée s'épanouit actuellement sans complexes dans le discours technocratique français, y compris celui de certains organismes d'État . Débarrassée de sa d...

raréfaction

Lisant scrupuleusement le texte de son prompteur, la présentatrice du journal de la mi-journée de l'une des chaînes nationales françaises évoque la " rarification " (sic) de certains coquillages. La raréfaction des sujets d'inquiétude sur la mise à mal de notre langue par ceux qui devraient la faire vivre, elle, n'est pas en vue. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE, CLIQUEZ ICI NDE : Il ne s'agit que d'une perle relevée il ya douze ans   [11.02.2008, 12h] , et que nous n'avons plus entendue depuis. Donc une perle rare... et pas bien grave.

insécurité de la sécurité

En France, le discours ambiant de la première décennie du vingt et unième siècle est pétri [ cet article est paru initialement en 2008 ] de considérations sur la sécurité . La Mission linguistique francophone constate qu'il en résulte des dérives lexicales malencontreuses. Si le vif succès du mot " insécurité " n'appelle pas de mise en garde, il n'en va pas de même pour emploi fautif des barbarismes " sécuriser ", " sécurisé " et " sécurisation ", actuellement omniprésents dans le vocabulaire des professionnels de la langue, et par suite, du public. Les choses ne sont plus sûres, elles sont sécurisées. Les biens et les personnes ne sont plus en sécurité, ils sont sécurisés. Les inquiets ne sont plus rassurés, ils sont sécurisés. Les faibles ne sont plus protégés, ils sont sécurisés. Les périmètres dangereux pour notre sécurité ne sont plus interdits ni bouclés, ils sont sécurisés. Les champs de mines ne sont plus déminés, i...

éventails et ventilateurs

Dans un roman de Cormac McCarthy ( La route , Prix Pulitzer 2007), le héros explique à son fils comment fonctionne un barrage hydraulique. Dans la version française de ce roman, pourtant finement traduit, une surprise de taille attend ici le lecteur : " Les turbines sont de grands éventails ". Le faux sens est manifeste, et aurait pu être évité par le bon sens... En effet, éventail se dit en anglais fan . Mais l'anglais fan (à ne pas confondre ici avec l'admirateur fanatique) signifie aussi ventilateur . À première vue, une turbine hydraulique ne ressemble ni à un admirateur ni à un éventail. Mais bien à un ventilateur . POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE , CLIQUEZ ICI

traduire n'est pas toujours trahir

Le générique de la version francophone sous-titrée de No country for old men , film réalisé par Ethan et Joel Coen, comprend un nom qui fait honneur au métier de traducteur : Henri Béhar. Sur un bon millier de sous-titres, aucun ne comporte la moindre baisse de qualité dans la concision et la justesse. La fidélité à l'esprit des dialogues l'emporte partout sur le mimétisme irréfléchi. Aucun faux ami n'encombre la lecture. Même " porch " est correctement traduit par " véranda " - contrairement à une négligence qui entache répétitivement la version française du western Impitoyable , de Clint Eastwood, dans lequel Gene Hackman construit sous nos yeux une veranda sans cesse qualifiée de porche . Cette forme de cécité n'a manifestement pas sa place dans les adaptations signées Henri Béhar . Nous lui exprimons notre gratitude amicale. POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE, CLIQUEZ ICI

art-chitecture

France Inter nous a annoncé que la journée du 28 janvier 2008 allait être consacrée par la station à célébrer le dixième anniversaire de l'édification du Stade de France . On a ainsi entendu des journalistes successifs énumérer les noms de Platini, de Zidane, de Chirac, décompter les milliers de tonnes de béton, la température de l'air le jour de l'inauguration, etc. Pas une seule fois en une heure d'écoute n'a été prononcé... le nom des auteurs du stade. Imagine-t-on, à France Inter , séparer le nom d'un concerto de celui de son compositeur, ou décerner un prix littéraire à un roman dont on ne citerait pas l'auteur ? Ou annoncer une vente record dans le monde de la peinture sans préciser s'il s'agit de Bacon ou de Pollock ? Si les journalistes semblent trop souvent propager l'inculture, ce n'est pas parce qu'ils ignorent qui a conçu le Stade de France, ni seulement parce qu'ils manient le français avec une grande négligence, ma...