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on ne tire pas les conséquences

"Il faut en tirer les conséquences" ne veut rien dire (*) : ce n'est qu'un nœud dans la langue de bois.

On tire le diable par la queue, on tire une histoire par les cheveux, mais on ne tire pas des conséquences, on tire des conclusions. On peut aussi tirer des leçons ou des enseignements.

Tandis que les conséquences, on les assume. Éventuellement après les avoir mesurées ("mesurez-vous les conséquences de vos actes ?").

Le monde politique francophone fourmille pourtant d'orateurs haut placés qui "tirent des conséquences" (sic) à tout propos ou exigent que d'autres s'en chargent, par amalgame entre deux expressions justes : tirer des conclusions et assumer des conséquences.

Cette confusion est à rapprocher du cafouillage "loin s'en faut" (sic), lui aussi vide de sens et qui résulte également de l'incorrecte hybridation de deux expressions correctes : loin de là et il s'en faut de beaucoup.

(*) NDA : Peu importe que divers dictionnaires s'en accommodent et que des auteurs estimables soient tombés dans le piège : cette suite de mots n'a littéralement pas de sens et résulte bel et bien d'un télescopage entre deux expressions impeccables, amalgamées par erreur. Nous ne soulignons ici que ce fait objectif.

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Commentaires

Anonyme a dit…
Je me permets d'apporter mon avis (qui, quoique développé, n'en demeure pas moins humble) :

Une faute de relecture n'est rien de plus, rien de moins qu'un défaut d'attention. Les yeux glissent parfois sur le texte, et le cerveau procède en dégageant le seul sens correct à déduire des de ce qui a été enjambé avec trop d'aisance.
Louons l'initiative de Miss LF et de son équipe, qui participe (je parle de l'initiative, inutile de ma parler de faute d'accord), à la sauvegarde d'un usage correct. Lorsque même nos élites politiques essuient leurs pieds sur la langue maternelle. Quand Jospin "tire les conséquences" de son échec, ce n'est pas un manque d'attention qu'il exprime indirectement, mais bien une méconnaissance de la forme. Aujourd'hui les plateaux télé et les tweets sont jonchés de répliques calquant la formule erronée. les personnes soucieuses ou capables de ne pas compromettre les règles établies en matière d'usage linguistique son communément taxées de pinaillage (d'aucun auraient écrit "taxés de pinailleurs"). Il s'agit pourtant simplement de s'entendre sur le fait que si chacun donne libre cours à sa version du français, la langue sera vite défigurée au point qu'il sera compliqué de démêler le vrai du faux.
OK, le français compte un nombre incalculable d'exceptions et d'idiomes "à la con" dont on peut se demander s'il n'est pas (le nombre) symptomatique d'une volonté de cafarder l'appartenance sociale du locuteur. Mais se montrer capable de rigueur ne signifie pas colporter, ni même adhérer à, cet idéal savant qui donne débouche souvent sur l'élitisme à la française (que j'exècre pas mal, pour ma part). On peut déplorer la disparition du circonflexe sans être réac, mais en considérant qu'il dénote le renoncement général face à la prétendue complexité d'une langue qu'on utilise quotidiennement depuis la sortie du ventre.

Je suis soulagé de voir qu'il existe ça et là quelques amateurs soucieux de retrouver le diapason, au milieux d'une cacophonie d'usagers peu vigilants.

Le relecteur fut sagace quoiqu'un peu dur en critique, mais il convient de saluer son sens de l'observation (perso, j'avais même pas vu).

Bisous.
Anonyme a dit…
Depuis des années les hommes politiques tirent des conséquences au lieu de tirer des conclusions. La langue française est malmenée en haut lieu et on s'étonne que la population répète des phrases qui ne veulent rien dire !

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