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USA : ni comtes ni comtés

Les USA n'ont ni roi ni comtes. C'est pourquoi ils n'ont point de "comtés".

Le territoire des USA est plus exactement subdivisé en états (states) et en cantons (counties ; et county, au singulier).

La plupart des politologues de France, des étudiants en géographie ou sciences politiques, des journalistes, et même la quasi totalité des auteurs de dictionnaires, se fourvoient pourtant à traduire des noms d'entités administratives des USA telles que "Madison County" ou "Orange County" par "Comté de Madison" et "Comté d'Orange", comme s'il existait ou avait existé aux USA un ordre nobiliaire ; et donc des principautés, des duchés et des comtés !

 
Non, les USA ne sont pas et n'ont jamais été une monarchie aristocratique, les USA n'ont jamais eu de comtes ni de comtesses de San Francisco ni de Miami, et la traduction de l'anglo-américain county par "comté" n'est qu'un pesant faux-sens, ourlé d'un solide suivisme.

Pour cesser de sombrer collectivement dans l'inculture historique la plus navrante, il semble important de ré-instaurer la traduction correcte dans notre langue de la notion de county aux USA, par le terme canton. Et non comté.

La Mission linguistique francophone propose à ceux qui trouvent le terme canton trop helvético-franchouillard ou insuffisamment sexy et exotique pour les USA, de s'en tenir au mot autochtone county ("le county de Madison"), exactement comme le français a intégré les mots blues, musique country ou barman sans les franciser en "bleus", "musique de la campagne" et "homme de la barre". Ce qui sera moins affligeant que de pérorer sur les comtés du royaume des USA.

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Commentaires

Dumfries a dit…
Perfectly true !
Anonyme a dit…
Ce n’est pourtant pas l’avis de l’OQLF qui admet bien « comté » comme traduction de « county » : https://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8357170
Miss LF a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Miss LF a dit…
Bonjour. Le fait qu'une institution linguistique de la francophonie, ou des établissements pédagogiques spécialisés en terminologie politique (Sciences PO, ENA en France), ou même 100% des grands médias et des gouvernements francophones ne se soient pas avisée d'une bévue ne signifie pas qu'il ne s'agit pas d'une bévue.
Nous vous invitons à relire notre article. Sa démonstration est limpide et imparable.

Il soulève la question du panurgisme et du manque de vigilance face aux faux amis. Votre commentaire va dans le même sens.

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