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cheffe ou chef de service ?



"Un véritable barbarisme", voilà l'arrêt de mort qu'a signé l'Académie française [dès 2002, avec confirmation en 2014] contre la féminisation inepte de chef en cheffe. La respectable assemblée rappelle qu'il importe peu que telle ou tel ministre ponde une circulaire prônant l'adoption d'un barbarisme comme "cheffe de service"ou "proviseure", car nul gouvernement n'est habilité à décider de ce qui constitue le bon usage de la langue française.

La Mission linguistique francophone ajoute à cette mise au point sa propre démonstration : la féminisation de chef par cheffe n'a, en tout état de cause (reconnaissance de l'autorité des académiciens ou non), ni légitimité ni pertinence, puisque la désinence -effe n'est aucunement le propre du féminin comme en atteste le greffe du tribunal. Réciproquement, la désinence -ef n'est nullement d'une insupportable masculinité, comme en atteste l'existence de la nef et de la clef.

On notera que des apocopes récentes du langage courant, comme la basse def et la haute def [pour basse définition et haute définition], actualisent encore la féminité moderne de la désinence -ef.

Si l'on veut se signaler comme étant la chef plutôt que le chef, il n'est pas indispensable de se signaler à cette occasion comme inapte à réfléchir plus loin que le bout de sa toison de mouton de Panurge, en voyant le mal - qui est ici le mâle, bien entendu - où il n'est pas.

Notre article plus récent (2020) sur le même sujet : Pour des chefs en meilleure forme.

 

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Commentaires

Chirhughy a dit…
"manier une langue pliée çà tel ou tel militantisme" ? Merci de corriger.
Dumfries a dit…
Une greffe/une cheffe, une nef/une chef, un greffe (de tribunal)/un chef, un aéronef/un chef. Bravo pour cette remarque, je n'y avais pas pensé.
En fait, on trouve donc les deux, "effe" et "ef" au féminin comme au masculin. Donc, on pourrait laisser le choix de la manière de l'écrire, qu'il agisse d'un homme ou d'une femme, non ? Mon cheffe m'a dit et ma chef lui a répondu. Ou tout le monde passe )à la/le cheffe ?
Ou on ne change rien :-)
On comprend que "la cheffe" n'a RIEN de plus féminin que "la chef", et on arrête de donner bêtement au "e" le rôle inauthentique (...tiens ? il y a un "e" au bout DU rôle qui n'est pas féminin...) de marqueur vengeur de la féminitude opprimée, ce qui serait encore plus malin !!
Anonyme a dit…
Votre démonstration est imparable. Dommage que "cheffe" soit passé finalement au lieu de "la chef" comme "la nef". On avait l'occasion de se doter d'une orthographe identique pour les deux genres, puisque la sonorité est la même et cela aurait permis d'écrire "Tartempion, chef de service" pour toute le monde, homme ou femme en poste, comme on écrit juge ou dentiste ou architecte pour tout le monde.
Mais on n'aura sans doute bientôt plus le droit de dire ni d'écrire "tout le monde". On va devoir passer à "toute la monde" pour les femmes et "tout le monde" pour les hommes. Et pour les groupes mixtes, il faudra énumérer "toute la monde et tout le monde" sans doute,
Le ridicule ne tue plus. Richard F.

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