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féminisation des noms de fonction

Outre la préciosité ridicule dite écriture inclusive, notre langue est confrontée à une bévue très virulente : l'idée illusoire selon laquelle la voyelle -e ajoutée en fin de mot aurait le don magique de féminiser les noms communs et en serait la marque immédiatement reconnaissable. Or...

C'est absolument faux !

Le -E terminal est en effet la marque incontestable du féminin des adjectifs (joli > jolie) mais pas des substantifs. Comme en attestent la foi et le foie.
Ou la mer, la voix, la bru, la beauté, la passion et des milliers d'autres féminins sans -E final.

En particulier, les féminins rimant avec professeur s'écrivent sans -E final (à l'exception de heure) : valeur, douceur, largeur, peur, fleur... erreur.

Voici donc deux erreurs que nous serons bien inspirés [pluriel neutre mixte] de ne plus commettre, nous francophones sans distinction de genre ni de nombre.

ERREUR N°1 : L'erreur est d'opter pour les féminisations "la professeure, la procureure, la proviseure" au lieu de "la professeur" à l'instar de tous nos féminins en -EUR.

ERREUR N°2 : L'erreur de ne pas voir que la terminaison en -EFFE n'a rien de plus féminin que celle en -EF ! Comme le prouvent La nef et La clef, face à Le greffe.

L'ostentatoire "la cheffe" est donc une complication irréfléchie et néfaste, qui nous prive de la commode mixité de recrutement d'un ou une chef, grâce à laquelle une annonce s'adressant aux chefs de service ou aux médecins chefs englobera Mesdames et Messieurs ces cadres dans une même graphie sobre, sans querelle de genre.

Rappelons aussi que le chef, c'est initialement la tête (couvre-chef). Si le féminisme outrancier refuse qu'une femme soit un chef de file, alors il ne doit pas accepter non plus qu'un homme soit une tête de liste.

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Commentaires

Alain COLLET a dit…
Que pensez-vous de l'expression " toutes et tous " qui s’est répandue en quelques mois comme une traînée de poudre et qui, selon moi, fait partie d’un inutile langage inclusif (je ne trouve pas de commentaire à ce sujet sur votre blogue) ?
Nota : l'adresse fapublications@free.fr est inactive
Miss LF a dit…
Cher Alain, nous en pensons énormément mal ;-)

La faute de style commise par les adeptes de "celles et ceux " ou "toutes et tous" est une crispante redondance appelée savamment périssologie.

Ces locuteurs-là feignent d'ignorer que "ceux" et "tous" sont des pluriels neutres mixtes, et non d'odieux masculins dominateurs qu'il faut donc faire précéder d'un féminin. Cette posture est fondée sur un militantisme du refus de la mixité grammaticale. Voire de la mixité tout court... Des personnes s'en flattent et revendiquent ce qu'elles appellent une "non-mixité choisie".

La langue française, elle, ne distille pas ce délirant poison de ségrégation des genres. Elle distingue le masculin du féminin lorsque c'est nécéssaire. Elle les unit lorsque c'est préférable. Préférable car plus simple ... ou moins diviseur.

Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous allons transformer cette réponse en article.

Bien cordialement,

Miss L.F.

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