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Articles

le running et les runneurs

C'est quoi, le running ? Le "running", comme son nom l'indique aux anglophones, c'est l'acte de courir, c'est la course à pied . Mais la course à pied à l'usage exclusif des amateurs de termes anglais permettant de dire en moins clair ce qui se dit très bien en français, histoire de se la péter un max. C'est quoi, un runneur ? Dans l'hôtellerie, c'est un garçon de salle ("Hep ! Garçon !") ou une fille de salle , employé dont la mission consiste à courir à droite et à gauche pour se rendre utile au reste du personnel de service, maître d'hôtel compris. Ici, il ne s'agit pas seulement de se la péter en parlant un peu anglais mais sans perde complètement contact avec le français (on écrit runneur et non runner ), il s'agit aussi d'en finir avec l'infantilisation désobligeante du garçon ou de la fille de salle. Indulgence, donc, pour ce néologisme de métier. Mais c'est quoi au juste un runner, que l...

pas de féminicide, par pitié

Réédition de l'article de mars 2019 Tuer une femme ou tuer un homme est un homicide. Ce mot convient à toutes les victimes car il ne hiérarchise pas les humains. Pourtant, une politicienne française, puis à sa suite le gouvernement et les médias, se sont mis en tête de faire entrer dans les nôtres le néologisme " féminicide " (sic). En quoi cela est-il une bien mauvaise idée ?  S'il s'agit du meurtre de la femme en tant qu'épouse ou partenaire sentimentale, se flatter d'employer le mot " féminicide " est une lourde démonstration d'ignorance qui fait honte à qui s'en gargarise, car le mot pour désigner l'homicide de l'épouse ou partenaire sentimentale existe déjà depuis des lustres, c'est uxoricide ( du latin uxor = femme, épouse ). Qu'il s'agisse d'un assassinat (préméditation), d'un meurtre (volonté non préméditée de donner la mort) ou de violences ayant entraîné la mort sans intention de le donner, l...

en même temps

On peut s'étonner que l'abus de la locution en même temps  soit présenté dans les médias français comme un trait caractéristique du candidat puis président Emmanuel Macron, alors que La Mission linguistique francophone épinglait déjà ce tic de langage (et sa propagation dans notre langue via les médias) bien avant que l'actuel président fasse son entrée dans la vie politique. Nous avons publié un article à ce sujet mi-2013. Le voici réédité, pour mieux comprendre ce qu'il y a à reprocher à l'emploi abusif de la locution en même temps. Septembre 2013 La simple et modeste conjonction de coordination  mais  n'est plus en vogue. Elle est délogée du discours ambiant par deux locutions adverbiales :  en revanche , plus ronflant ; ou  en même temps , plus gonflant - et dont le récent glissement de sens ne cesse de prendre de l'ampleur. Initialement adverbe de temps synonyme de simultanément , la locution  en même temps  fut employée par quelques...

à Marie Laguerre, la bien nommée.

Lettre ouverte à Marie Laguerre, la bien nommée. à Marie Laguerre, créatrice de l'élégant mot-dièse #Tagueule à Marie Laguerre, créatrice d'un site internet gratuit d'incitation aux "témoignages" anonymes contre tous les hommes, au nom de la protection de toutes les femmes, toutes victimes de tous les hommes, lesquels méritent tous de s'entendre dire et écrire "#ta gueule". On n'incite pas toute une population à la délation anonyme contre un groupe humain désigné à la haine générale ("vos frères, vos pères, vos maris" - c'est votre liste terrifiante, mot pour mot - "tous des ordures, un jour ou l'autre"). Cela ne vous rappelle-t-il pas la haine des juifs, des noirs, des femmes adultères désignées aux lapideurs ? Quelle malfaisante initiative... Mais beaucoup vous applaudissent en moutons de Panurge. Votre agresseur est un taré isolé, sans doute en proie à des troubles psychiatriques, vous en faites une génér...

sérendipité : fortuité

En anglais, on appelle serendipity le fait d'effectuer une découverte inespérée. On cherchait quelque chose, on en trouve une autre. Et cette autre chose s'avère plus importante, plus précieuse, plus fructueuse. Internet est un lieu de recherches propice à de telles trouvailles. Inventé par Horace Walpole [ ci-contre portraituré par Ramsay, et ci-devant Comte d'Oxford ] en 1754, le mot serendipity a été importé par certains dans notre langue sous sa forme francisée sérendipité . Un peu pédant, très obscur, ce néologisme n'a pas eu grand succès dans le langage courant. Des Canadiens francophones lui ont récemment (vers 2000) trouvé un substitut autrement plus savoureux : la fortuité . Plus concis que la sérendipité [trois syllabes au lieu de cinq], plus euphonique et plus lumineux, le mot fortuité est immédiatement compréhensible. En prime, il agrandit à point nommé la petite famille déjà composée du couple fortuit et fortuitement , qui l'ad...

live : en direct en franglais

"Suivez toutes les rencontres en direct et retrouvez tous les scores en live." (Sport24.Le Figaro.fr) "Philharmonie de Paris live." (site officiel de la Philharmonie de Paris, annonçant un concert dirigé par Klaus Mäkelä, ci-contre) Dans ce match d'annonces publicitaires en franglais, c'est la Philharmonie de Paris qui fait un sans faute. La chaîne sportive du Figaro, elle, marque contre son camp. Animée initialement de l'excellente intention de s'en tenir à la langue française avec "toutes les rencontres en direct ", elle se déconcentre avant la fin de sa phrase et se trouve hors-jeu par son catastrophique " en live " qui n'est ni de l'anglais ni du français et viole la grammaire de ces deux langues. Ici la faute " en live " est commise de surcroît au détriment d'une expression bien plus appropriée : "Retrouvez tous les scores en temps réel "   À la Philharmonie de Paris, au contraire, o...

écoquartier ou éco-quartier ?

" É coquartier est un terme abominable. C'est un slogan politique approximatif adossé (...) à beaucoup de cynisme. "   Ce jugement sans appel est celui de l'architecte Rudy Ricciotti**. C'est aussi le nôtre. Rien ne justifie le culte idolâtre organisé dans les métiers du bâtiment et les conseils municipaux autour de ce néologisme de politique locale, si ce n'est le suivisme le moins réfléchi ou l' opportunisme affairiste le plus courtisan. Hélas, les pouvoirs publics voient autrement les choses puisqu'ils distribuent à tours de bras au nom du peuple français le vain " label ÉcoQuartier ", censé attester d'une vertu environnementale ineffable selon les uns, mesurable selon les autres, favorisant pêle-mêle les économies de gazole et " le vivre ensemble " (sic). ÉcoQuartier . Terme mal bâti censé encenser les bâtisseurs. Tout un programme... Ce jargon est suffisamment affligeant en lui-même, suffisamment contraire à l...

pour la survie de pour

Au vingt-et-unième siècle, chacun constate que l'anatomie des tournures administratives françaises n'obéit plus aux lois de la nature de notre langue. Dans cet esprit, la disparition de la préposition pour semble avoir été décrétée par diverses administrations, sans que les usagers de la langue française aient eu leur mot à dire et sans que l'Académie française l'ait entérinée. Ainsi la Ville de Paris, par la voix de sa régie immobilière, annonçait-elle en 2011 l'ouverture d'une " nouvelle résidence jeunes travailleurs ". On pourrait penser qu'il s'agit d'une coquille. Que nenni. Cette " résidence jeune travailleurs " (comprenez résidence  pour jeunes travailleurs ) vient rejoindre les " résidence chercheurs " ( résidences pour chercheurs ) et les " logements étudiants " (des logements pour étudiants ou d' étudiants ) qui pullulent dans les cartons des architectes depuis l'an 2000. Comme si...

développer ou dépister une maladie

S'il est observateur et si son mal est d'apparition lente, le patient peut le voir se développer en lui. Mais une personne ne "développe" pas une maladie. C'est la maladie qui se développe en elle ! Médecins et commentateurs, chassez de votre discours ce lourd contresens, cette inversion entre sujet et complément qui infeste la langue médicale médiatique. Car en français, le patient  souffre  d'une maladie, la  contracte , en  est atteint . Familièrement, il a pu l' attraper   si elle passait par là et s'est transmise par contagion. On entend aussi dire que des personnes doivent se faire dépister . Hou là là, comme c'est méchant ! Ou comme c'est ignorant du sens des mots. Car on dépiste un mal, et non la personne qui est susceptible d'en être atteinte. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI

tuer père et mère

Parce qu'ils croient savoir qu'un parricide tue exclusivement son père, les échotiers de France et de Navarre viennent d'exhumer le mot matricide pour relater le meurtre commis par une adolescente sur la personne de sa mère. En fait, le parricide tue un ascendant, qu'il soit père, mère, aïeul ou aïeule. Ce n'est pas un patricide , terme qui désigne exclusivement le meurtrier de son père. Ou le meurtre du père. En effet, les termes parricide, patricide et matricide présentent tous la caractéristique rarissime de désigner aussi bien le crime que l'auteur du crime. Tandis que l'assassin commet un assassinat, tandis que le violeur commet un viol, l'escroc une escroquerie, le parricide commet un parricide. Et comment appelle-t-on le parricide qui a tué son père et sa mère ? Si l'on nous permet une touche d'humour sur un sujet aussi noir, c'est assurément du même coup un orphelin . CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SI...

mur de son et mur du son

À l'occasion du décès en prison à 81 ans de Phil Spector, ingénieur du son fameux, condamné à perpétuité pour le meurtre de sa compagne par arme à feu à bout portant, la presse française titre inlassablement sur la mort de l'inventeur du mur du son . Ben tiens... Phil Spector a en réalité conçu un style d'arrangements et de mixage très fourni qu'on a appelé en anglais Wall of sound . Mur de son , donc. Et non mur du son - qui se dit sonic boom .