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Articles

pornographie pédophile

Le français et le hongrois présentent une grande différence de structure : le hongrois est une langue agglutinante , pas le français. Le français n'exprime pas les idées en agglutinant plusieurs mots en un seul. Ou, du moins, le français ne devrait pas... Quand le hongrois forge un mot unique à partir de plusieurs autres dont la traduction littérale donnerait (mais sans nos traits d'union) " époque-enfant-dans-mon ", le français dit " dans mon enfance ", en trois mots distincts. Cette différence de structure est perdue de vue par des rédacteurs francophones qui ne craignent pas de forger le mot pédopornographie . Et vont même jusqu'à la lutte anticyberpédopornographique (lutte contre la pornogrpahie pédophile sur Internet). La Mission linguistique francophone leur rappelle que le français fonctionne par précision du sens des substantifs à l'aide d'adjectifs. Il convient donc de ne pas agglutiner les mots en un seul mais d'écrire et de di...

internautique : un adjectif pour internet

Le terme anglophone internaut , devenu en français internaute , a été judicieusement formé pour désigner de façon imagée qui navigue dans les méandres d'internet. Ce mot à l'étymologie ingénieuse connaît un succès général qui n'est pas usurpé. Bravo à son inventeur. On note, au même moment, l'absence d'engouement pour l'adjectif correspondant : internautique , formé sur le modèle de nautique . Pourtant, la privation d'un adjectif qualifiant rigoureusement ce qui intéresse l'internaute oblige à des périphrases insatisfaisantes car imprécises, comme la locution adverbiale " en ligne ". Le jeu en ligne , le recrutement en ligne , sont des formulations trop vagues, qui pourraient aussi bien désigner un mode d'action téléphonique (" restez en ligne ") ou une disposition physique (" placez-vous en ligne, les uns à côté des autres "). Dès lors, pour qualifier ce qui se rapporte à la navigation de l'internaute, la Missi...

jouer contre

La Mission linguistique francophone relève une désaffection des professionnels du commentaire sportif pour la préposition contre . Ce phénomène de mode est d'autant plus surprenant que le sport de spectacle est essentiellement constitué d'affrontement. Affrontements de sportifs s'activant l'un contre l'autre ou contre leurs propres limites. " La France va jouer l'Italie " [ Le Figaro du 29 janvier 2008]. Cette information est trompeuse. Elle est même faussée par la suppression du mot contre . Car la France ne va pas jouer l'Italie (c'est-à-dire faire semblant d'être l'Italie, se prendre pour l'Italie). La France - incarnée par son équipe de football - va jouer contre l'Italie. Et tout faire pour ne pas ressembler à l'Italie ! Ce genre d'approximation syntaxique marque les limites de la liberté de maltraiter la langue, liberté si souvent revendiquée par ceux qui sont simplement inaptes à la traiter avec soin, b...

la polygamie des femmes et des hommes

Pour s'amuser de la menace de déchéance de nationalité française brandie par un ministre de la république contre un époux volage (auteur des douze enfants avec quatre concubines dont trois ne sont pas ses épouses), un fameux hebdomadaire satirique français citait une entretien accordé par une épouse du Président de la République française Nicolas Sarkozy (trois fois marié, quant à lui, mais successivement) à un hebdomadaire non satirique, en 2007 : " Je suis favorable à la polygamie et à la polyandrie " (sic). On comprend entre les mots ce que voulait dire Carla Bruni-Sarkozy. Mais elle n'a pas su le dire. Car, à l'instar d'une grande majorité de francophones, Mme Sarkozy se méprend sur le sens et l'étymologie du mot polygamie . Tiré du grec poly (plusieurs)- gamia (mariages), l'adjectif polygame qualifie une personne "mariée plusieurs fois (simultanément)". Le substantif polygamie désigne donc la condition de celles ou ceux qui sont ai...

anachronismes lexicaux

L'étude des anachronismes lexicaux dans les dialogues littéraires (romans, scénarios, pièces de théâtre) est un bon révélateur des modes dans le vocabulaire courant. Et notamment, un révélateur des effets des " tueurs sériels " de notre vocabulaire, ces mots qui nous abrutissent par leur pugnacité à s'imposer dans les conversations, à la place du mot juste. Comme on pouvait le craindre, le barbarisme " sécuriser " et les abus de la préposition " sur " n'ont pas épargné les meilleures productions littéraires historiques du moment. Prix Goncourt et Grand prix du roman de l'Académie française, le roman Les bienveillantes du très érudit Jonathan Littell en porte la marque en divers endroits. Ainsi p. 54, deux SS conversent : « Le Generalfeldmarshall nous a ordonné de sécuriser le lieu » - « Bien sûr, je comprends », répond le héros qui, en réalité, n'aurait rien compris à ce barbarisme en 1942 [première occurrence attestée en 196...

la bientraitance s'installe lentement

La Mission linguistique francophone constate depuis 2012 la lente progression du néologisme bientraitance , employé dans l'univers de l'action sanitaire et sociale comme antonyme de maltraitance . Cette création peut incommoder par son parfum technocratique ou surprendre par sa nouveauté, mais elle est irréprochable sur le plan étymologique et sémantique. Autrement dit, elle est bien construite et son sens n'est ni incohérent ni obscur. Maltraitance et bientraitance s'inscrivent dans la lignée de malveillance et bienveillance . Faire le mal et faire le bien ; veiller au mal et veiller au bien. Pour confirmer la légitimité de la bientraitance , il reste aux francophones à assurer la vitalité de ce terme dans notre langue, en veillant à ce que son emploi ne soit pas à la fois accaparé et restreint par le secteur sanitaire et social, comme l'est depuis quelques années l'adjectif durable par le discours environnemental (cf. " ville durable ...

la numéro un mondiale

Les commentateurs sportifs francophones sont connus pour leurs multiples entorses à la langue française. Parfois, ils vont jusqu'à en déchirer les ligaments, comme dans l'expression " la numéro un mondiale " (sic). Créée en France dans les années 1990 pour qualifier la joueuse de tennis Amélie Moresmo , cette expression fautive est maintenant appliquée sans relâche à toute championne du monde. Elle se décline à des échelons inférieurs [" la numéro un française ", " la numéro deux européenne "] et dans d'autres secteurs que le sport [telle entreprise est " la numéro un de l'hôtellerie "]. Cette coutume plus très nouvelle viole une règle élémentaire de notre langue : un mot féminin doit avoir un article féminin [ la femme et non le femme ], un mot masculin exige un article masculin. Sans exception aucune. Numéro étant un mot masculin, nulle ne saurait être " une numéro " (sic). Pas même " une numéro mondial ...

pour en finir avec l'ouest-e du pays

Pour en finir avec les fautes de prononciation journalistiques consistant à faire négligemment entendre des " -e- " qui n'existent pas à la fin de nos points cardinaux, le plus simple est sans doute... de les faire exister. Chacun a pu remarquer que les professionnels de l'audiovisuel parvenaient sans peine à prononcer la succession de consonnes ST ( style ), mais qu'il semblait être au-dessus de leurs forces de prononcer correctement ce phonème ST suivi du phonème D, sans interposer le phonème E. C'est ainsi que l'est de l'Europe devient " l'est-e de l'Europe ", et tout à l'avenant. Il est vrai qu'il est très difficile aux francophones d'articuler la triple consonne STD. Les anglophones y arrivent sans peine et sans marquer de pause : "he's the be st d irector". Les Français ont beaucoup plus de mal à prononcer " le reste du temps " sans faire entendre le E muet de reste . C'est pourqu...

juin, mois de la phonétique

La Mission linguistique francophone lance une campagne d'information des dirigeants de chaînes de télévision et stations de radio françaises sur les problèmes de phonétique qui entachent la diction des professionnels de la parole donnés à entendre sur leurs antennes. Ces fautes de prononciation - puisqu'il faut bien les appeler par leur nom - se répercutent dans le public et altèrent pesamment la langue courante. À l'approche des grandes vacances, il paraît opportun de permettre aux francophones de France ou de passage en France (tels les étudiants étrangers en séjour linguistique), de baigner dans un environnement sonore plus cohérent et plus clair. C'est pourquoi nous menons cette action pendant le mois de juin, déclaré "Mois de la phonétique" chez les professionnels des médias parlés ; à charge pour eux de mettre un point d'honneur à favoriser ensuite l'apprentissage sonore du français durant tout l'été. Et tout le reste des années, si possib...

salon mondial du modélisme

Vers 1650, les précieux ridicules brocardés par Molière répugnaient à employer les mots usuels pour dire ce qu'ils avaient à dire. Le cidre devenait "le nectar pétillant du verger neustrien". Et les adjectifs prenaient la place des substantifs : la tendresse devenait le tendre ("j'éprouve un profond tendre pour vous"). Depuis une dizaine d'années, les précieux sont de retour. Ils ne disent plus " par prudence " mais "en vertu du principe de précaution". Ils ne disent plus " les politiciens " mais "les politiques" (adjectif employé à la place de son substantif). De sorte que, dans une formule comme "les politiques d'autrefois", nul ne sait plus s'il s'agit des actions politiques menées dans le passé ou des personnages politiques du temps jadis. Dans le même esprit, les précieux ne disent pas " le salon du modélisme " mais "le mondial du modélisme". À ne pas confond...

rencontres sur l'environnement

Le ministère de tutelle des récentes rencontres sur l'environnement organisées par le gouvernement français a souhaité les intituler "Grenelle environnement". Une appellation ignorante des règles de construction du complément de nom en français (avec la préposition de ). Cette faute de syntaxe a été délaissée par les médias qui ont choisi de former correctement le complément de nom et ont rebaptisé ces rencontres " Grenelle de l'environnement ". En dépit de cette rectification grammaticale, l'étymologie de "Grenelle de l'environnement" reste particulièrement déroutante pour les linguistes, mais aussi pour les spécialistes des sciences politiques et de l'histoire contemporaine. En effet, dans la métonymie "accords de Grenelle" (1968), dont cette appellation se réclame, "Grenelle" ne signifie pas " accords " ni " rencontres " mais " ministère (français) du Travail " [dont les locaux son...

grenellocompatible

Une publication ministérielle ( La lettre du Grenelle environnement ) annonce fièrement la naissance d'un néologisme d'une difformité et d'une lourdeur confondantes : grenellocompatible . La Mission linguistique francophone y décèle un dérèglement lexical de grande ampleur et met en garde les francophones sains d'esprit contre l'utilisation de pareils monstres sémantiques : contrairement au hongrois ou au japonais, le français n'est pas une langue agglutinante, dans laquelle les idées composites s'expriment par des radicaux accolés en un mot global. Le secrétariat d'État français qui promeut déjà l'incohérente appellation " Grenelle environnement " (au sens de accords sur l'environnement ) se réjouit de participer à une détérioration volontaire de la langue. Cette situation contradictoire résume la grande désorientation du français en France : quelques institutions (l' Académie française , la Délégation générale à la langue françai...

France Terme

La Mission linguistique francophone salue la mise en ligne du nouveau site d'aide au maniement du vocabulaire " France Terme ". Créé par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture [français], ce site propose des outils (moteur de recherche lexicale, traduction automatique) et des contenus explicatifs facilitant la sélection et la compréhension des termes spécialisés, nouveaux ou non, dans tous les domaines.