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relations publics

Cette faute d'orthographe manifeste est en réalité un barbarisme insidieux, inventé par idolâtrie du jargon des affaires, entre communicants fiers de leur perte de repères linguistiques et logiques, et désireux d'en faire largement étalage. Voici de quoi il retourne.

En France, quelques agences spécialisées dans les relations publiques se sont regroupées dans le syndicat Syntec, dont le président a tenté de promouvoir entre 2010 et 2016 la notion de "relations publics" (sic). Désignation ahurissante adoptée depuis par une des sociétés ainsi syndiquées, à l'instigation de l'inventeur ci-contre, dont il convient de taire le nom par humanité.

Cette tournure grammaticalement fautive se veut calquée sur le modèle d'autres expressions incorrectes telles que "les relations investisseurs" (sic) [au lieu de les relations avec les investisseurs] ou "la relation clients" (sic) [au lieu de la relation commerciale ou les relations avec les clients]. Il faut donc comprendre le barbarisme "relations publics" comme une paresseuse parataxe de "relations avec les publics"... notion qu'expriment avec simplicité les relations publiques !

La faute grammaticale inspirée de l'anglais se double ainsi d'une préciosité sémantique purement franco-française : l'ignorance de la notion de singulier de portée générale. Dans notre langue, ''le public, l'électorat, la magistrature, la presse'' sont autant de singuliers parfaitement aptes à désigner l'ensemble des composantes du public, de l'électorat, de la magistrature ou des organes de presse, sans qu'il soit besoin de les subdiviser en "les magistratures, les presses, les électorats, les publics".

Les relations publiques devenus relations publics, alors les voies publiques deviennent voies publics et les opérations financières se muent en opérations financiers. Merci Syntec Conseil en Relations Publics. Le français est démoli de l'intérieur, et notre homme, ça le fait sourire.

Francophones de tous les pays, ayons pitié d'inventeurs lexicaux à ce point dévoyés, ils ne savent pas ce qu'ils font... Mais laissons ces charmants Diafoirus de la com' à leur fausse bonne idée, comme on dit par litote. On pourrait aussi, plus sévèrement, parler d'un snobisme corporatiste irréfléchi et destructeur de ce qui devrait être leur outil premier : une langue vivante plutôt que nécrosée dans l'étau d'imbécilité où certains nous la coincent.

Illustration : portrait officiel d'un mercantile saboteur de la langue, convaincu que ses barbarismes et anglicismes forcenés favorisent le commerce en jetant de la poudre aux yeux du public (et non "des publics").

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Commentaires

Unknown a dit…
Bonjour, une erreur s'est glissée dans votre article. Vous confondez la fédération Syntec (http://www.syntec.fr/) avec la société privée "Syntec, conseil en relations publics" (http://www.syntec-rp.com/), présidée de 2010 à 2016 par Thierry Welhoff.
Son portrait illustre d'ailleurs très justement votre propos car c'est lui le seul et unique auteur du barbarisme qui semble avoir justifié à lui seul cet article et non ce que vous appelez "le syndicat Syntec" et qui est en fait l'organisme regroupant les syndicats professionnels spécialisés dans les professions de l'ingénierie, du numérique, des études et du conseil, de la formation professionnelle et de l’événementiel dont les sociétés sont rattachées à la Convention collective nationale des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils, plus communément appelée convention Syntec*.
Ceci afin de vous permettre de rendre à César ce qui est César et de ne pas confondre vitesse avec vérification avant de publier.
Miss LF a dit…
Poppy Lechat, merci beaucoup pour cette clarification. Singulière ambiguïté entre les homonymes et homophones Syntec et Syntec ! Avis aux lecteurs : cette ambiguïté a été levée pour ce qui nous concerne, et il n'existe plus de confusion dans l'article ci-dessus. Miss L.F.

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