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Articles

Affichage des articles du 2025

dans les îles

En France, les professionnels de la langue - que sont notamment les journalistes, les enseignants et les orateurs politiques - semblent souvent avoir perdu la boussole : celle qui indique d'instinct à notre intelligence le mot juste. Hélas, cette désorientation de la langue des professionnels affecte en profondeur le langage courant. Spécialement en ce qui concerne le choix instinctif de la juste préposition de lieu . Qui sait encore qu'on n'habite pas "sur Lyon" mais À Lyon ? Concernant les îles, dont actuellement le Groenland, l'emploi fautif par les journalistes de "sur l'île" au lieu de " dans l'île " transforme ces solides territoires insulaires, sculptés dans l'écorce terrestre, en de frêles embarcations posées sur la mer ; ou de vagues pontons SUR lesquels on vadrouille. Ne procédons pas à ce sabordage. Revenons dans les îles. Et rappelons à nos proches que la ravageuse préposition sur n'y a pas sa place à tout prop...

long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d' échéance, au sens de fin , comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus. Pourquoi ne faut-il jamais dire " sur le long terme " ni " sur le court terme " ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité. Or, dans notre langue, les chose se font à terme , et non sur terme : un enfant naît à terme , un loyer se paie à terme , un train arrive au terminus , etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme". " Sur terme " est donc faux, et " sur le terme " l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni " sur " ni " sur le " ne peuvent le précéder. Pour cette raison, on dira donc exclusivement " à long terme, à moyen terme, à court terme ", et on se désintoxiquera de l'incohérent " s...

Louvre : non, ce n'était pas un braquage

Les malfaiteurs qui se sont emparés d'un trésor de joailleries exposées au Louvre n'ont pas commis un braquage, quoi qu'en dise la presse, mais un cambriolage , un vol . Car non seulement " braquage " est un terme argotique qui n'a pas sa place dans le vocabulaire de l'information non-triviale, mais l'argot "braquage" dérive du fait de braquer (une arme) pour dérober. Or, tel ne fut pas le cas. Si vous voulez absolument parler argot (comme les médias, Radio France en tête, et même les respectables orateurs politiques commentant ce vol), sachez qu'il s'agit alors d'un casse : un cambriolage avec effraction, donc avec "de la casse", mais sans main armée braquée sur qui que ce soit. De même, les auteurs de cette exaction ne sont donc pas des " braqueurs " mais des cambrioleurs , des voleurs , des malfaiteurs . • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI...

le ressenti

Permettez-nous de vous donner notre sentiment sur votre "ressenti". Tout comme "le déroulé" (même faute de syntaxe, même dérive) au lieu du DÉROULEMENT , "le ressenti" se caractérise par le recours artificiel à une forme verbale substantivée au lieu de l'emploi naturel d'un nom commun approprié. Cette vaine substitution est apparue depuis moins de dix ans. Il est encore temps de l'abandonner et très préférable de ne jamais l'adopter. Car ce que l'on RESSENT s'appelle depuis toujours, selon le contexte : • un SENTIMENT • une SENSATION • une IMPRESSION. Pas un "ressenti". Nous sommes tous portés par les travers en vogue dans la langue de notre temps et prompts à tomber dans leur ornière. Ce n'est donc pas une attaque personnelle si vous employez depuis peu "le ressenti", juste une exhortation à retrouver sous votre plume et sur le bout de votre langue le juste mot sentiment ("je vous donne mon sentiment...

colère : on se calme

En France [contrairement à d'autres pays francophones], chez les journalistes et les orateurs politiques, on constate depuis fin 2018 un terrible appauvrissement du vocabulaire dans l'expression des émotions et réactions : " la colère ", ils ne connaissent plus que cela. Tout est " colère ". On reprend en gros titre ce seul mot pour résumer la position d'un président d'association humanitaire, qui a en effet déclaré ceci : " je suis très en colère depuis plusieurs jours ". Ah bon ? Depuis plusieurs jours cet homme bienveillant s'exprimant posément a un "accès de contrariété bref et violent " ( définition de la colère ) ?  Non. Depuis plusieurs jours, il est très mécontent , voire indigné ou peut-être outré , consterné, effondré, choqué, affligé - à lui de nous le dire. Mais dans l'actuel français médiatique et politique de France, les mots indignation, protestation, réprobation, contestation, consternation, mécon...

bon déroulement et mauvais déroulé

La Mission linguistique francophone et l' Académie française unissent leurs efforts pour rappeler d'une même voix qu'une action se déroule selon son déroulement et non selon son " déroulé " (sic) - contrairement à ce que l'on lit depuis peu d'années sous la plume de rédacteurs professionnels adeptes de l'approximation. Faute que l'on entend par contagion dans la bouche des francophones que la répétition des erreurs de langage nouvelles attirent irrésistiblement, par la seule vertu de leur nouveauté. Pour ces francophones-là, que nous avons sondés, le bon déroulement est un mot éculé qui manque de dynamisme. Selon eux, le " déroulé " (sic) d'une cérémonie, c'est plus actif [*]. De toute façon - tranchent-ils - on est libre de dire ce qu'on veut quand même, non ? Ce dévoiement (et non ce dévoyé ) de la notion de liberté ne suscite ni le "consternement" ni le "consterné", mais bien la consternation . ...

écriture inclusive, la punition d'une innocente : notre langue.

Nous sortons de la lecture d'un document universitaire, ainsi libellé : "Che.re.s étudiant.e.s, tou.te.s les candidat.e.s sont tenu.e.s de... etc...." Aux yeux des tenants de cette illisibilité radicale, ce n'est pas du vandalisme culturel. Mais si ça n'en est pas, qu'est-ce ? En fait, les pouvoirs publics français [*] ont officiellement interdit cette aberration typographique, cette pénible  préciosité . Mais plusieurs présidents d'universités françaises n'en ont cure, et " de nombreu.ses.x élu.e.s loc.ales.aux " s'en fichent aussi. Ces personnes y voient un progrès symbolique qui légitimerait la décadence de l'écriture. Et la destruction de son lien avec la lecture ; car comment lit-ont à haute voix " étudiant.e.s " ? Ou encore : " les nombreux.ses élu.e.s locales.aux " ? Au cas où, depuis votre pays autre que la France, vous ne comprendriez rien à ce dont nous parlons ici, sachez que c'est une ...

féminisation des noms de fonction

Outre la préciosité ridicule dite écriture inclusive , notre langue est confrontée à une bévue très virulente : l'idée illusoire selon laquelle la voyelle  -e  ajoutée en fin de mot aurait le don magique de féminiser les noms communs et en serait la marque immédiatement reconnaissable. Or... C'est absolument faux ! Le -E terminal est en effet la marque incontestable du féminin des adjectifs ( joli > jolie ) mais pas des substantifs. Comme en attestent la foi et le foie. Ou la mer, la voix, la bru, la beauté, la passion et des milliers d'autres féminins sans -E final. En particulier, les féminins rimant avec professeur s'écrivent sans -E final (à l'exception de heure ) : valeur, douceur, largeur, peur, fleur... erreur. Voici donc deux erreurs que nous serons bien inspirés [pluriel neutre mixte] de ne plus commettre, nous francophones sans distinction de genre ni de nombre. ERREUR N°1 : L'erreur est d'opter pour les féminisations "la professeure, ...

cas par cas et heure par heure

L'expression " au cas par cas " est une faute de français qui s'est répandue très largement depuis l'an 2000. Dans notre langue, les choses que l'on examine l'une après l'autre se règlent cas par cas , et non " au cas par cas " (sic). Curieusement, la passion ambiante pour cette faute de construction grammaticale surchargée d'un mot de liaison inutile n'affecte pas les autres locutions adverbiales construites sur le même modèle ; c'est-à-dire construites sur le principe de la répétition d'un mot autour de la préposition par. On entend toujours dire correctement : " marcher deux par deux ", " progresser mètre par mètre ", " s'informer heure par heure ", " réfuter point par point " [et non " au deux par deux", " au mètre par mètre", " au point par point" ni " à l' heure par heure"]. Pourquoi ces locutions voisines ne subissen...

danger et dangerosité

Un officier de police soucieux de parler savamment à la télévision explique que les scooters " présentent une dangerosité pour les piétons ". Comme des dizaines de millions d'autres francophones, et la quasi totalité des orateurs publics en France sinon dans le reste du monde, il ne sait plus que le mot juste est danger : si les scooters sont dangereux, alors ils présentent un danger ; pas une "dangerosité". Quiconque évoque la "dangerosité" au lieu du danger est emporté par l'élan de se mettre en valeur en croyant parler savamment. Pourtant, la pataude "dangerosité" n'a aucun besoin d'exister puisqu'elle signifie exactement la même chose que le danger : la dangerosité est définie, par les professionnels qui ont adopté ce terme tarabiscoté, comme le fait d'être dangereux. C'est donc bien le danger. Car est dangereux ce qui constitue un danger. C'est même une lapalissade. Avec deux fois et demi plus de syl...

près de / prêt à

La Mission linguistique francophone rappelle que les adverbes sont tous invariables. Y compris les adverbes loin et près . Une idée fausse s'est pourtant installée dans certains esprits, et notamment dans l'esprit de nombreux professionnels de la presse parlée, qui lisent devant des millions d'auditeurs et de téléspectateurs des textes d'information entachés de cette bévue : l'idée selon laquelle l'adverbe près posséderait la faculté extraordinaire de s'accorder en genre. Autrement dit, d'être tantôt masculin, tantôt féminin. Personne - pas même un journaliste - ne se hasarde pourtant à accorder d'autres adverbes que celui-là. " Ils sont souvent là " ne donne pas au féminin " elles sont souventes là "... La réalité est qu'en dépit de longues années d'études de la langue française et de leur métier d'artisans de cette langue, des locuteurs professionnels de la télévision et de la radio perçoivent l'adjectif ...

s'égarer en politique

Un député français a déclaré, à propos d'un adversaire politique, ex-ministre de l'éducation nationale et ancien professeur de philosophie : " c'est un philosophe égaré en politique ". Cette attaque (car c'en est une dans l'esprit du locuteur) sent bon le compliment involontaire. Elle sent aussi l'inculture linguistique, politique et philosophique. Car la politique est une branche de la philosophie ; comme le sont la logique, la morale, l'esthétique, l'épistémologie, etc. Tout philosophe est donc chez lui en politique, et non " égaré " là. On aimerait que les politiciens se souviennent que leur activité ne se définit ni comme l'exercice du pouvoir sur autrui, ni comme l'art du pugilat verbal, ni comme la mise en scène de soi-même sous des titres avantageux. Mais effectivement comme la philosophie en action dans la société pour le bien de tous - et non de soi-même ou de son parti. • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL...

les liaisons agonisent

Chacun admet que " deux ans " ne se prononce pas deu' ans ( hiatus ) mais deu' z' ans  ( liaison euphonique ). Cette qualité instinctive de notre prononciation est mise à mal par les médias parlés de France, qui ont amplifié depuis un quart de siècle la surprenante mais fulgurante disparition des liaisons entre les adjectifs numériques (deux, vingt, etc) et les euros . Ce point de départ de "l'épidémie" de nécrose des liaisons fut instillé par les commerçants dès l'an 2000, annonçant les prix comme si la toute nouvelle unité monétaire euro s'écrivait avec un H aspiré. Ce qui donna "di euros" ; au lieu de dix euros, naturellement lié comme dix ans ou dix autres . France 5, l'intéressante "chaîne du savoir" (ce fut son slogan), a poursuivi ce travail de sape, en nous créant à partir de 2007 une pénible ribambelle de titres d'émissions à graphie ostensiblement défaillante, sur le principe de C à dire (sic) au ...

d'est-e en ouest-e

" Orages sur l'est-e du pays ." Chacun a pu remarquer que les orateurs professionnels francophones parvenaient sans peine à prononcer le duo de consonnes "-ST-" [ st ade, hi st oire, compo st ] à l'intérieur d'un mot, mais qu'il semblait être au-dessus de leurs forces de le prononcer correctement en fin de mot, c'est-à-dire sans y ajouter un -E fictif. C'est ainsi que l'est de l'Europe devient " l'est-e de l'Europe ", et tout à l'avenant. Il en va de même pour les trios de consonnes "-STN-" [ po stn atal ], "-STF-" [ Oue st-F rance ] et "RCD" [ Pa rc d es Princes ] rarement énoncés par les orateurs professionnels sans l'ajout d'un -E qui n'existe pas [ poste-e-natal , Parc-e des Princes, Ouest-e-France ]. Il est vrai qu'articuler le phonème "-STD-" n'est pas naturel aux francophones, tandis que les anglophones y arrivent sans peine et sa...

a-t-elle l'air sérieuse ou l'air sérieux ?

La forme extrême du purisme s'appelle l' hypercorrection . C'est une méprise qui porte à considérer comme fautive une formulation ne méritant en réalité aucune réprobation. Ainsi en va-t-il de la croyance erronée selon laquelle l'expression " elle n'a pas l'air méchante " serait fautive, puisque le mot air est masculin et qu'il faudrait donc voir en " méchant " une épithète qualifiant l'air (méchant) de cette personne et non la personne (méchante) elle-même. Or, cette analyse est rarement juste et souvent entachée d'hypercorrection, car fausse. Lorsque c'est effectivement l'air adopté par la personne qui est qualifié, bien sûr le qualificatif de son attitude ou de son expression du visage doit être au masculin : " elle a un air absent " signifie qu'elle affiche une expression absente, un air absent. Tandis que " elle a l'air absente " signifiera qu'elle semble ne pas être là : "...

vols intérieurs et vols domestiques

" Suppression des lignes aériennes domestiques : une bonne chose ?"   Pour la langue française, oui, excellente chose que de ne plus évoquer des lignes domestiques (sic). Car cet anglicisme mal traduit sent le crash linguistique à plein nez. Les Échos auraient été bien inspirés de nous reformuler ce jargon en français sans nuages : " Suppression des lignes aériennes INTÉRIEURES". Dans la langue anglaise, le pays et la patrie sont très fortement assimilés au chez-soi, au foyer domestique, à la maison, le fameux home, sweet home . D'un soldat qui rentre au pays, l'anglais dit qu'il rentre home . Il ne dit pas "to the country", ce qui signifierait littéralement " au pays " mais ne serait qu'une étrange traduction mot à mot du français. De la même manière, les lignes aériennes qui restent à l'intérieur des frontières d'un même pays sont dites en anglais domestic (du latin  domus : la maison). Ces domestic flights...

ne lâchez rien, on ne lâche rien

Il y a douze ans déjà (23/12/2013), avant que "ne rien lâcher" soit devenu le leitmotiv éculé de tout compétiteur et tout négociateur, nous écrivions ce qui suit à propos de  cette expression dévorante qui fit sa grande percée en 2013. Un aimable animateur d'émission littéraire, voulant conclure un compliment à un jeune auteur prometteur, et l'encourager sans doute par ces mots à poursuivre sa carrière, lui dit à mi-voix : " ne lâchez rien ". " Ne rien lâcher " nous est venu du commentaire sportif, au sens de " résister" à ses concurrents, "surclasser" son adversaire, " poursuivre son effort ". De là, le tic verbal est passé au journalisme d'information générale dans une acception toujours plus vaste donc plus vague, puis s'est posé sur la langue courante et s'y accroche. Pour longtemps ? Peut-être pas. Le vent l'emportera. En guise de bain de bouche, la Mission linguistique francophon...

questrice ou questeuse

Les féminins corrects des termes : • sénateur •  enquêteur • questeur sont, en toute cohérence : •  sénatrice • enquêtrice •  questrice . Tandis que "la sénateure" et "la questeure" sont des barbarismes criants. Les charges parlementaires de  questeur   (de l'Assemblée nationale en France notamment)  et de  rappoteur   (du budget, d'une commission d'enquête, etc) sont cependant la cible de deux féminisations erronées et très entêtées dans l'erreur. D'une part " rapporteure " que ces dames préfèrent aux féminin multiséculaire et seul correct  rapporteuse , exactement aussi noble et indéniable dans sa forme que le sont  chercheuse ,  semeuse, fileuse, chanteuse  ou  conteuse . Mais il leur semble que  rapporteuse  évoque les cafardages de cour d'école. Et alors ? En va-t-il autrement pour les  rapporteurs  ? D'autre part, " questeure ", aussi aberrant que le serait "sénateure", alors qu'existent deux fém...

béton armé et béton désarmé

Après le béton armé , voici le béton désarmé ! Grâce auquel l'ingéniosité humaine désarme en effet le béton de sa capacité de tuer en s'effondrant sous l'effet des redoutables efforts sismiques de la nature. Par-delà le jeu de mot, c'est le néologisme officiel que la Mission linguistique francophone propose à la Commission d'enrichissement de la langue française pour ce procédé novateur. Les sages décideurs de cette autorité de la francophonie pourront choisir entre deux variantes : • béton désarmé ; car démuni de sa faculté accidentelle de tuer par effondrement en cas de séisme. • béton désarmant ; car privant les séismes de leur faculté de détruire les structures porteuses en béton et coûter ainsi des vies. Ce dispositif ingénieux vient s'ajouter à d'autres variétés de procédés constructifs associant le métal au béton : • d'abord le béton armé (avec armature métallique), invention du Français François Coignet ; • puis le béton précontraint (garni...

échelle de la douleur

Les secouristes, pompiers et médecins, au premier rang desquels les médecins urgentistes, ont fréquemment besoin de se représenter la douleur éprouvée par le patient. Pour cela, ils nous  demandent de décrire notre douleur par une nombre sur une échelle de 1 à 10. Les professionnels de santé s'en accommodent et font la part des choses avec sagacité. Mais le nombre donné est hautement subjectif. Or, toute douleur n'est-elle pas subjective ? Si, et c'est pourquoi cette échelle de 1 à 10 a prouvé son utilité et ne souffre pas de critique fondamentale. Toutefois, on pourrait imaginer de faire correspondre à chaque échelon numérique une évaluation moins abstraite, et la plus parlante possible. Coupler ainsi cette échelle numérique avec une échelle d'adjectifs réduirait les larges approximations dans l'estimation "de 1 à 10". Voici la mise en mots que propose la Mission linguistique francophone . ÉCHELLE QUALIFICATIVE DE LA DOULEUR dans le mond...

cancérigène ou cancérogène ?

Apparu le premier dans notre langue, en un temps où les médecins étaient tous d'excellents latinistes et de bons hellénistes, le mot cancérigène s'est vu ultérieurement attaquer par un agent perturbateur : son synonyme mal lettré, "cancér o gène". Bien que les dictionnaires, dont celui de l'Académie française, entérinent les deux termes et leurs reconnaissent exactement le même sens, l'un seulement est correctement construit. Et c'est cancérigène , avec un i. Nul n'en disconviendra après la petite leçon d'anatomie que voici. Dans sa langue d'origine, la déclinaison du mot latin  cancer  signifiant crabe lui confère des formes tantôt en canceris tantôt en cancri   [d'où viennent les cancres et les chancres ] ou en  canceri , mais jamais en canceros ni cancero ni cancro. Pas de O dans ses articulations. Pourtant - au risque de sombrer dans une préciosité éclaboussée de faux savoir - une partie du corps médical francophone semble avo...