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Articles

"par contre" est parfaitement correct

Il est tout à fait faux que la locution adverbiale par contre soit grammaticalement incorrecte, comme on l'entend dire aujourd'hui encore. La cabale contre cette expression est ancienne, puisqu'elle est l'œuvre de Voltaire qui fit, on ne sait pas exactement pourquoi, une fixation contre par contre . Il a fallu attendre 1920 pour qu'André Gide s'emploie à contrer définitivement le feu de feu Voltaire en démontrant que non seulement par contre était grammaticalement correct, mais qu'il existait des contextes dans lesquels on ne pouvait pas remplacer par contre par en revanche comme prétendait l'exiger ce bon Voltaire - et comme se croient obligés de le faire ceux qui se laissent piéger par la rumeur discréditant depuis lors l'emploi de " par contre ". • Sur le plan grammatical et syntaxique Par contre est formé sur le modèle de par ailleurs , si l'on considère "contre" comme un adverbe [comme dans : '' seul ...

jeune couple homoparental

" Homoparental " et " homoparentalité " sont des néologismes formés par croisement de grec ( homo ) et de latin ( parent ), ce qui n'est pas recommandé en principe : mieux vaut polychrome (tout grec) et multicolore (tout latin) que polycolore et multichrome qui s'emmêlent les pinceaux. Mais là n'est pas le problème. La Mission linguistique francophone a noté que les néologismes homoparental et homoparentalité étaient employés dans des sens incompatibles avec leur étymologie, donc incohérents avec la langue française. En effet, l'adjectif homoparental est employé aux sens suivants : 1/ constitué de parents homosexuels (couple homoparental) ; 2/ sollicité ou accompli par un couple homosexuel (adoption homoparentale). Le substantif Homoparentalité est employé pour désigner la condition parentale d'un couple homosexuel. Or, le préfixe grec homo signifie de même nature, identique . Il ne signifie pas homosexuel ... Les homo nymes ont le...

une médaille olympique n'est pas une breloque

Cet article publié au terme de Jeux olympiques de 2012 reste d'actualité. Nous le remettons sur le dessus de la pile à l'attention des professionnels du commentaire sportif. La grande fête olympique a rimé, une fois encore, avec grande dé-fête linguistique. Les commentateurs sportifs les plus en vue se sont surpassés dans le dérèglement lexical, syntaxique et phonétique. Ainsi a-t-on pu entendre dire qu'un lutteur avait "bien paradé l'attaque" (sic) de son adversaire (comprenez : "bien paré l'attaque"), et qu'un judoka avait fait preuve de beaucoup de tact (sic) pour arriver en demi-finale (comprenez : beaucoup de sens tactique ). Mais cela ne serait rien sans l'avalanche de termes argotiques que les journalistes sportifs ne perçoivent plus comme tels : les pattes, la tronche, le mec , etc. Summum de cette perte de repères lexicaux et d'incapacité à ajuster le niveau de langue du commentaire sportif : les médailles , si noblemen...

à midi ou ce midi ?

"Ce midi" est une tournure malhabile issue d'une confusion avec • ce soir • ce matin Or soir et matin désignent des portions de journée. Tandis que midi désigne une heure de la journée. Dire "ce midi" revient donc à dire naïvement "ce 12 heures". On s'en abstiendra en disant • à midi . Tout comme on dit exclusivement à minuit et jamais "ce minuit" ; à moins de tomber de sommeil, peut-être.

avoir l'opportunité

L'opportunité n'est pas une bonne occasion qui se présente à nous, c'est le fait d'être opportun. Dans l'expression " avoir l'opportunité de ", la confusion de sens avec célèbre avec le faux ami anglais opportunity a la vie dure depuis une génération déjà, et c'est ce qui la rend agaçante. Ce qui se dit en anglais, to have the opportunity se dit en français " avoir la possibilité " ou " avoir l'occasion ". Toute considération sur l' opportunité est d'un autre ordre, à savoir : est-ce judicieux, est-ce la bonne décision, est-ce le bon moment ? L'opportunité, c'est une appréciation sur ce qu'il y a lieu de faire ou non à un moment donné. Ce n'est pas l'aubaine qui se présente à nous : cela s'appelle une occasion ("j'ai sauté sur l'occasion d'aller au Canada") ou une possibilité ("j'ai eu la possibilité d'aller au Canada"). • J'ai eu la po...

phonétique des peuples

Des peuples nouveaux apparaissent dans la presse parlée : lé Néerlandé, lé Zirlandé, lé Zanglé, lé Francé, lé Portugué et aussi lé Japoné et lé Pôlôné. Il semble que ces nouveaux venus soient les descendants du garçonnet qui, dans une publicité des années 1990, demandait à son père : " Papa, c'é quoi cette bouteille de lé ? " Son père aurait pu lui répondre : " On dit DU LAIT , mon bonhomme, pas DU LÉ". Mais il n'en a rien fait. Et une demie génération plus tard, les jeunes journalistes allaités à cette culture publicitaire voient partout dé Camerouné et dé Zécossé. Ça promé... [Cet article, publié en juin 2008, est remis sur le dessus de la pile, car rien n'a changé à cet égard : le son ê s'est égaré...] POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI

sur un ton comminatoire

La plupart des dictionnaires disponibles sur internet donnent mot pour mot la même définition de l'adjectif comminatoire , appliqué à la manière de s'exprimer. " Qui a le caractère d'une menace ; menaçant. Style comminatoire, ton comminatoire ." La nature exacte de la menace contenue en français courant dans la notion de ton comminatoire mérite d'être précisée : c'est un ton qui ne souffre pas la discussion ; un ton cassant de supérieur à subalterne ; le ton sur lequel on donne sèchement un ordre dont l’inexécution sera sanctionnée. Ce n'est pas la menace du maître-chanteur ni du tueur à gages. C'est une menace de chef. Et c'est ce qui rend insupportable le ton comminatoire employé par qui n'est pas notre chef. CLIQUEZ ICI  POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE

"se revendiquer de" n'est pas français

Les médias ressassent en boucle depuis peu [2012] cette ineptie linguistique : divers assassins " se revendiquent de " (sic) telle organisation terroriste. Les très nombreux commentateurs francophones (mais pour combien de temps encore ?) qui violent ainsi la syntaxe commettent un tout petit mais lancinant attentat contre la langue française. Avec une sidérante incompétence, ces professionnels de la communication semblent ignorer que les seules formulations correctes sont ici " se réclamer de ", ou " revendiquer son appartenance à ". Le méli-mélo " se revendiquer de (Daesh, notamment)" est une bourde comparable au fameux " ingénieur à Grenoble " de Coluche, au lieu d 'ingénieur agronome . En moins drôle. La Mission linguistique francophone rappelle aux professionnels et au grand public que le verbe revendiquer n'est jamais pronominal ; autrement dit, qu'il ne doit jamais s'employer précédé du pronom personne...

accidents graves de voyageurs

La RATP aime bien les circonlocutions, au risque de se prendre les pieds dans le tapis (roulant ?) de la syntaxe et du vocabulaire. " Accident grave de voyageur " est la pire circonlocution qu'on pût inventer et propager par hauts-parleurs sous prétexte d'évoquer à mots couverts une tentative de suicide ferroviaire. Si le voyageur y survit, la langue française en sort gravement accidentée et profondément abêtie. Double faute. Pour commencer, en français, on ne doit pas intercaler un adjectif entre un nom et son complément de nom. Autrement dit, tout bloc de mots de type "fin de soirée" ou "accident de voiture" est insécable. C'est pourquoi en français pas encore vicié par les annonces de la RATP , on dit spontanément un bon chef de service et non "un chef bon de service". Et c'est pourquoi il faudrait dire un grave accident de voyageur , et non "un accident grave de voyageur". Mais il se trouve que cette form...

nominer n'est pas français

À l'occasion du festival de Cannes, la Mission linguistique francophone rappelle que le verbe " nominer " n'existe pas en français. Un artiste n'est pas " nominé " mais nommé, sélectionné, présélectionné . Il peut aussi être désigné comme lauréat (de la présélection). Une nomination résulte du fait d'être nommé et non "nominé". Par ailleurs, nous rappelons qu'en français, en matière de cinéma, un studio n'est pas une société de production mais un lieu de prise de vues ou d'enregistrement clos et spécialement aménagé . Lorsque le faux ami anglo-américain studio désigne en fait une société de production, une boîte de prod, des producteurs, il convient de le traduire correctement par l'une de ces expressions. Merci. Et bravo.

atteindre dix mètres

Comme tant et tant de ses consœurs et confrères, la journaliste chevronnée et estimée  qui nous relate les incendies de forêt estivaux est en grande difficulté avec la syntaxe et le vocabulaire de la langue française. En atteste ce commentaire qu'elle a rédigé à tête reposée puis transmis par téléphone à sa rédaction qui n'a pas tiqué, n'a pas estimé nécessaire de le lui faire rectifier et l'a diffusé tel quel : " Les flammes ont atteint jusqu'à dix mètres ". Or, en français, on ne peut pas dire qu'un vieillard a " atteint jusqu'à cent ans " ni que des flammes " atteignent jusqu'à dix mètres ". Car atteindre cent ans, c'est vivre jusqu'à cent ans, et atteindre dix mètres, c'est monter jusqu'à dix mètres. Le concept " jusqu'à " est inclus dans le verbe atteindre . Aussi étonnant que ce soit, on peut ne pas entende cette redondance mais se targuer d'exercer le métier d'écrire et ...