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le masculin ne l'emporte pas (en paradis)

Voici déjà quatorze ans, bien avant le déferlement de la cacographie surnommée "écriture inclusive", nous avions publié cette analyse apaisante. 

Elle est lumineuse et imparable.
Mais rien n'y fait : l'obscurantisme de la guerre des genres prend de la vigueur.


Nous remettons donc cet article sur le dessus de la pile, compte tenu de l'obstination générale à ressasser que "le masculin l'emporte" - ce qui est faux - et à s'en plaindre, voire s'en venger, ce qui n'est pas plus judicieux.

Il faut au contraire admettre ceci : la forme francophone des pluriels mixtes se montre alternativement masculine (par exemple : les individus dépravés, les gens connus, tous les témoins) ou féminine (par exemple : les personnes présentes, les innocentes victimes, les personnalités invitées).


Il en résulte que la guéguerre des sexes ne devrait pas avoir sa place dans cette question grammaticale.

Mais il apparaît aussi que la formule "le masculin l'emporte" doit définitivement être abandonnée, non parce qu'elle est blessante - elle ne l'est pas, sauf paranoïa langagière ou sexisme misandre militant - mais parce qu'elle n'exprime pas la réalité de la langue française.

2011 :
Nous rebondissions sur un anecdotique concours d'idée du journal Le Monde pour en fournir la solution, avant d'en tirer une préconisation nullement anecdotique. Voici l'article :

*

Sur leur site Internet, voici plusieurs années déjà, les correcteurs du quotidien français Le Monde lançaient un concours d'idées concernant l'invention d'un nouveau pronom personnel pour les pluriels mixtes, afin d'en finir avec la fameuse règle grammaticale maladroitement formulée, selon laquelle ce serait "le masculin qui l'emporte" quand un pluriel mêle des sujets féminins et masculins.

Or la solution est déjà sous nos yeux...

Dans le cas de ces pluriels mixtes, on peut en effet décider d'employer "eux" à la place de "ils". Si ils évoque trop manifestement il pour être supportable à certains féminismes sourcilleux, on ne peut pas faire le même reproche au pronom eux, qui ne sonne ni comme ils ni comme elles, et se montre donc impartialement neutre. "Je pars avec eux" s'est déjà imposé depuis des siècles pour exprimer le fait que l'on parte en vacances avec des proches garçons et filles, à tel point qu'il serait saugrenu de dire : "Je pars avec ils" ou "je pars avec elles et ils" !

De même, décidant que le pronom pluriel mixte est désormais "eux", on pourrait prendre l'habitude de dire "eux n'en veulent pas", ce qui est objectivement plus neutre que "ils n'en veulent pas" ou "elles n'en veulent pas". À propos de l'exemple cité par les correcteurs du journal Le Monde, concernant cinq infirmières et un médecin accusés à tort "d'un crime qu'ils n'ont pu commettre", on pourrait parler "d'un crime qu'eux n'ont pu commettre".

*

Avant que cette recommandation toute simple de la Mission linguistique francophone entre dans les mœurs, il faudrait surtout cesser d'énoncer si faussement dans les écoles la règle de grammaire en question, et ne plus affirmer que "le masculin l'emporte" - ce qui est objectivement inexact. La formulation juste serait : "tout pluriel mixte devient neutre".  Ce qui implique la reconnaissance de l'existence du neutre dans notre langue, qu'il soit d'apparence masculine (un témoin) ou féminine (une victime).

Ce sera l'occasion de clarifier la notion de genres en français, et d'y enseigner l'existence de quatre genres et non deux :

- le genre féminin
- le genre masculin
- le genre neutre
- le genre mixte

Le genre neutre est tantôt homonyme du genre féminin ("une personne", "une passion", "une victoire"), tantôt homonyme du genre masculin ("un canon" [d'artillerie ou, au sens figuré, une beauté de sexe féminin], "un destin", "un espoir").

Le genre mixte, toujours pluriel par essence [sinon, où serait la mixité ?], est plus souvent homonyme du genre masculin pluriel ("les jeunes mariés"), mais il est aussi parfois du genre féminin pluriel ("les personnalités invitées"). Ce qui, par réciprocité, indique que le genre masculin est plus neutre que le genre fémininAinsi, le féminin n'est-il nullement dévalorisé ; il est au contraire reconnu comme plus affirmé que le genre masculin. Qui cela peut-il offenser, hormis les enragés du combat d'un sexe contre l'autre ?

À ces enragés-là, ferons-nous entendre raison ? Sans doute pas. Pourtant, "Toutes les personnes présentes sont venues de leur plein gré" est un bon contre-exemple de pluriel mixte, donc neutre, dans lequel "le féminin l'emporte" et non "le masculin". Tout comme ceci : "les célébrités et leurs victimes sont convoquées au tribunal": quel que soit le sexe ou le genre des célébrités comme des victimes, le féminin l'emporte. Ou plus exactement, le neutre de forme féminine.

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Commentaires

Anonyme a dit…
C'est plus qu'ingénieux, c'est lumin-EUX !

Dico Tommy
Anonyme a dit…
"eux" s'oppose à "elles" comme "ils" à "elles" (je me dévoue pour le rappeler !)
tant qu'à faire,pourquoi pas "on" ?
Anonyme a dit…
Vous avez dû mal nous lire : nous soulignons que "eux" n'est pas homophone de "il", contrairement à "ils". Donc, les francophones qui sont exaspérés d'entendre "ils" pour désigner un groupe mixte, devraient l'étre moins d'entendre "eux". C'est tout.
Mais nous savons fort bien que "eux" SEMBLE à beaucoup (dont vous) n'être que le masculin pluriel de "elle", alors que c'est bien souvent aussi le NEUTRE pluriel de l'ensemble mixte il+elle. Si l'on vous dit "faites comme elles au lieu de faire comme eux", rien n'indique que "eux" soit un groupe composé exclusivement de sujets masculins. On est moins induit à l'entendre que dans ce propos : "elles sont ponctuuelles mais ils ne le sont pas". Bref, il est indéniable que "eux" n'a pas la même sonorité que "il"... contrairtement à "ils".
Surtout, il serait temps d'enseigner (nous le plaidons) l'existence d'un NEUTRE en français, tantôt d'aspect féminin, tantôt d'aspect masculin. Et alors, peut-être, finie la guégerre du genre des mots mixtes ou neutres.

MIss LF
Coleg a dit…
"Deux hommes se querellent pour un mot. Ces personnes sont-elles folles ? Une femme s'en mêle. Ces gens-là sont-ils fous ?"

Vous voyez que le masculin pluriel peut être désigné par du " féminin " (qui est en réalité du neutre dans ce cas), et que l'ajout d'une femme peut toutefois paradoxalement faire virer le tout au " masculin " ! On sort de ce paradoxe en reconnaissant du neutre dans ces deux cas.

Encore faut-il aimer la logique plutôt que la polémique. Encore faut-il aimer le sexe opposé plutôt que vouloir lui arracher les yeux et les pronoms :-)
StéphanieG a dit…
Bravo !
ce que je ne comprends pas c'est que votre article est paru plusieurs années avant le livre tonitruant portant à peu près le même tire que votre article "Le masculin ne l'emporte pas", pondu par une d'une universitaire très remontée contre l'Académie français et le genre masculin. Or, votre article réglait déjà le problème en 3 pages au lieu de 100, en apportant une solution indiscutable. Vous n'avez pas réagi dans la presse pour signaler qu'elle enfonçait une porte ouverte et que la solution était déjà publiée par vous ?
Vous auriez dû.
Il y a celles qui savent se faire mousser et celles qui ne savent pas ! Vous êtes une femme, je crois ?

Savez-vous si elle vous a cité dans sa bibliographie ? Une universitaire sérieuse se devrait de l'avoir fait. Sauf si elle n'a pas suffisamment creusé son sujet et n'a même pas lu votre proposition.
Moi, je l'ai trouvée directement. Super.
Miss LF a dit…
Stéphanie G, merci pour votre approbation.

Concernant votre judicieuse remarque sur la nette antériorité de mon titre "Le Masculin ne l'emporte pas", par rapport à celui du livre que vous évoquez, je dois reconnaître que je ne connaissais pas Éliane Viennot. Dans notre club de philologie, nous n'avions même pas "percuté" qu'elle était la passionaria qui se cachait - ou plutôt se faisait mousser, soit dit en toute indulgence pour le saccage qu'elle promeut à tous vents - derrière les projets de destruction de notre écriture par "points médians" et de mise en hibernation socioculturelle de notre syntaxe par "démasculinisation" (c'est son terme), au prix du refus de l'existence du neutre.

Selon Madame Viennot, "LE grand amour entre deux individus exceptionnels", c'est de la "domination masculine", ce qui ne rend acceptable que "LA grande passion entre deux personnes exceptionnelles". Voilà son degré de partialité aveuglée et son négationnisme du neutre.

Un genre neutre dont Éliane Viennot reconnaît la libre jouissance au grec, au latin, à l'anglais et à mille autres langues, mais en refuse le bénéfice au français. Exactement comme la France refusait encore jadis le droit de votes aux femmes, seule en cela en Europe avec la Suisse, la Roumanie et la Bulgarie !

C'est pourquoi nous ne tenons pas notre innocente emprunteuse de titre pour une intellectuelle de progrès, mais pour une objectrice d'éloquence et de conscience, ardemment fidèle à son "combat" diviseur entre féminin et masculin, donc peu soucieuse d'unification heureuse et cohérente.

Nous étant penchés sur ses compétences revendiquées et objectivées, nous ne la tenons toujours pas non plus pour une linguiste, contrairement au label usurpé qui lui est souvent décerné en introduction de ses prises de paroles sur la réforme de notre langue ; mais pour une honorable historienne de la littérature, une critique littéraire, et par-dessus tout une militante animée par une certaine aversion pour l'entente sereine entre femmes et hommes - et admirée en cela par une multitude d'autres exaltés de cette guerre des sexes.

En quoi "droit des individus" est-il moins mixte que "droit des personnes", donc moins apte à englober hommes et femmes en toute égalité et toute neutralité ? Mystère. Mystère de l'irrationnel appliqué à la linguistique sous l'effet de l'exécration viscérale du principe masculin.

Cette exécration irrigue tout l'ouvrage que vous évoquez, sans lucidité, peut-être parce que son autrice n'a pas pris soin de consulter notre article et d'en tirer des enseignements apaisants. "Il n'y a pire sourde, etc"...

F.A.
auteur en nom propre de cette proposition de rénovation grammaticale et, ici, prête-plume de Miss L.F.
J.Mérieux a dit…
Garçon qui ai été élevé dans l'idée que "le féminin l'emportait" dans la vie, et ai appliqué ce précepte, comment puis-je comprendre qu'on se sente blessée par une règle de grammaire affirmant de façon simplificatrice (elle s'adresse à des enfant de 5 ans) que "le masculin l'emporte" ?

Cette paranoïa envers le sexe opposé, quel qu'il soit, me dépasse. Nous sommes embarqués dans la même aventure humaine, non ?

Élevé dans l'idée que "le féminin l'emporte" dans la vie, ça veut dire quoi ? Que l'homme est aux petits soins pour la femme, court le risque de mourir à la guerre pour sa sécurité, de se noyer dans les naufrages pour sauver "les femmes et les enfants d'abord", lui cède sa place dans le bus, lui porte ses bagages, règle leurs notes de restaurant, se prosterne devant sa capacité à porter la vie, se préoccupe du bien-être sexuel de la femme avant le sien, se résigne à vivre moins longtemps et traité avec plus de dureté. Voilà comment j'ai été élevé.

Signé : un galant homme qui ne cherche à l'emporter sur rien du tout ni personne. Surtout pas sur le féminin pluriel.
Miss LF a dit…
Parmi les 14000 lecteurs de cet article dénombré par notre compteur de vue depuis douze ans, puisse-t-il se trouver une personne ayant le pouvoir de faire officialiser ce qui y est exposé. Le pouvoir de transformer le problème diviseur en sa solution unificatrice.
RebeccaB a dit…
Très juste. La personne qui vous a plagié est bien excusable, tant ce que vous proposez semble évident.

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