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"par contre" est parfaitement correct

Il est tout à fait faux que la locution adverbiale par contre soit grammaticalement incorrecte, comme on l'entend dire aujourd'hui encore.

La cabale contre cette expression est ancienne, puisqu'elle est l'œuvre de Voltaire qui fit, on ne sait pas exactement pourquoi, une fixation contre par contre. Il a fallu attendre 1920 pour qu'André Gide s'emploie à contrer définitivement le feu de feu Voltaire en démontrant que non seulement par contre était grammaticalement correct, mais qu'il existait des contextes dans lesquels on ne pouvait pas remplacer par contre par en revanche comme prétendait l'exiger ce bon Voltaire - et comme se croient obligés de le faire ceux qui se laissent piéger par la rumeur discréditant depuis lors l'emploi de "par contre".

• Sur le plan grammatical et syntaxique
Par contre est formé sur le modèle de par ailleurs, si l'on considère "contre" comme un adverbe [comme dans : ''seul contre tous''] ; et sur le modèle de par avance, si l'on considère "contre" comme un substantif [comme dans : ''un contre foudroyant'']. Or, par ailleurs et par avance sont parfaitement corrects et ne sont contestés par personne. De même, par contre est parfaitement correct et ne devrait plus être contesté par personne à notre époque.

• Sur le plan logique et stylistique
Pour démontrer la nécessité de conserver l'expression par contre dans l'arsenal sémantique, André Gide a pris à peu près l'exemple que voici. Si vous dites : "mon bien-aimé mari n'a été que blessé à la guerre, en revanche mes deux fils adorés y ont perdu la vie", vous dites une absurdité, car il n'y a là nulle revanche (sauf pour votre ennemi, peut-être). La seule formulation sensée est donc : "mon bien-aimé mari n'a été que blessé à la guerre, par contre mes deux fils adorés y ont perdu la vie'".

Illustration : Voltaire, partisan courageux et rationnel de l'abolition de la peine de mort, mais ennemi injuste et irrationnel de la locution par contre

NDA : De plus en plus souvent, "en revanche" tend à être employé aussi à la place de toutefois, cependant, hélas et du simple et sobre mais. C'est le cas dans le dernier alinéa du premier paragraphe de cette page du site officiel de la mairie de Paris, où "hélas (...) mais" eut été parfait, au lieu de la double faute de répétition (en revanche/en revanche) et de l'impropriété de terme du premier "en revanche" qui n'exprime ici aucune revanche.

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Commentaires

Anonyme a dit…
Je remarque que les personnes qui soutiennent qu'il serait interdit de dire "par contre" sont incapables d'expliquer pourquoi ce serait une faute de français.

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