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Articles

fraude et crime

Dans le cadre d'une bataile judiciaire entre un très célèbre acteur américain et son ex-épouse, la presse mondaine (alias presse people ) nous informe que le mari a enregistré sa femme en train d'admettre que c'était elle qui le frappait et non l'inverse comme elle s'en était plainte à la justice. On entend l'épouse demander à son mari, qui l'enregistre à son insu, d'admettre qu'elle ne lui faisait pas grand mal et parier que de toute façon il n'oserait jamais aller se ridiculiser à claironner : " moi, le Pirate des Caraïbes, je suis battu par une femme de 52 kg ". Les agences de presse francophones diffusent un communiqué à ce propos et le traduisent au pifomètre, comme souvent, en s'y laissant piéger par chacun des faux amis qui leur tombe sous les yeux : l'utilisation de cet enregistrement effectué à l'insu de la jeune femme, traduisent-elles,  " est une fraude et un crime ".  • Faux ami number one : CRI...

mandat et mandature

Terme réprouvé par les a cadémicien s français et pa r tout l ocuteur soucieux de sobriété, il semble que la mandature , malgré sa jolie sonorité évocatrice de législ ature et de robe de bure, n'existe pas.  Ce ne serait qu'un néologisme élégant mais vai n, installé dans le vocabulaire des orateurs politiques et de ces journalistes que la durée d es mandats électifs passionne. Aucune mandature ne serait légitime, et seuls le seraient les mandats : le mandat de maire, de député, de sénateur, par exemple. " Oui mais... " protest ent divers journalistes et politiciens " ... la mandature c'est la période durant laquelle s'exerce le mandat ". Eh bien non. L'Académie française ne laisse planer aucun doute là-dessu s : le mot m anda t désigne auss i bien la fonction que la période pendant laquelle ce tte fonction est exercée. Mais le monde francophone comprend une vaste population de grenouilles fortement désireuses de sembler plus savan...

Mbappé ne s'appelle pas M-Bappé

La prononciation correcte du patronyme camerounais Mbappé ne tend aucun piège. Les journalistes de France et de Navarre s'en inventent pourtant un, et le prononcent majoritairement de façon fautive, en créant une séparation fictive entre la consonne M et les autres lettres. Ce qui donne l'étrange lecture "Êm' Bappé", qui est une absurdité comme le serait "Êss' Tendhal" au lieu de Stendhal, "Zêd Idane"" au lieu de Zidane, ou "Tom Cé Ruise" au lieu de Tom Cruise. Si les professionnels de la parole ont du mal à articuler la succession de consonnes - mb -, ils peuvent s'y exercer en répétant sans la moindre difficulté : " sa mba pé rilleuse sans Mba ppé rieur ". Ou encore : " je m'bats  contre Mba ppé", puis " Mba ppé m'bat ", et finalement "si tu m'bats , je m'ba rre !" PS : L'articulation subtile d'un M directement accolé à un B, nous la réussissons sa...

rapporteuse et rapporteur

Les féminins corrects des termes • porteur • colporteur • rapporteur sont évidemment • porteuse • colporteuse • rapporteuse . Tandis que "la porteure" et "la rapporteure" sont des barbarismes. Quant à écrire : " En tant que rappor teure , je suis por teuse de mauvaises nouvelles ", on voit l'indéfendable absence de cohérence de ce caprice. La charge parlementaire de rapporteur   (d'un projet de loi, d'une enquête, etc)  est pourtant la cible d'une féminisation erronée et très entêtée dans l'erreur : " rapporteure ", que ces dames préfèrent au féminin multiséculaire et seul correct rapporteuse , exactement aussi noble et indéniable dans sa forme que le sont chercheuse , semeuse, fileuse, chanteuse ou conteuse . Il leur semble que rapporteuse évoque les cafardages de cour d'école. Et alors ? En va-t-il autrement pour les  rapporteurs ?  Non. Mais dans le rejet des titres neutres, coupables de sembler masculins, comme ch...

oups.gouv et data.gouv

L'onomatopée " oups ", imitant une glissade savonneuse, un dérapage, est l'interjection que les anglophones émettent quand ils s'aperçoivent avoir commis une gaffe ou une maladresse. Le mot " data ", pluriel neutre du participe passé du verbe latin  dare  signifiant  donner ,  est le terme adopté par les anglophones pour désigner les données, notamment les données archivées sous forme numérique. C'est pourtant le ministère français de l'Économie qui oriente ses contribuables vers deux sites internet des services de l'État dont les noms et adresses sont " OUPS.GOUV " et " DATA.GOUV ". On voit que l'inféodation des conseillers ministériels au snobisme anglomane est intense, et que la vigilance du ministère de la Culture à l'égard de telles attaques contre la culture francophone au sein même du gouvernement français est pour le moins timide. Mais puisqu'il existe désormais un droit à l'erreur, ...

elle s'élevait avec Beaumarchais

Eh ! Voilà : de négligences articulatoires bénignes en confusions sonores moins bénignes, les distorsions de sens radicales sont là. " Elle s'est levée avec lui " nous dit ce matin une voix de radio. Bon, pourquoi pas. Pourquoi pas ? Parce qu'aussitôt, le contexte nous fait comprendre que l'oratrice médiatique voulait dire autre chose : elle ne s'est pas levée avec lui,  " elle s'élevait avec lui " ! Par un esprit de contradiction phonétique qui est la nouvelle préciosité langagière de la génération montante,  "- vait " devient "- vée " ; et inversement, " s'é- " devient " s'est ". Nul accent n'est donc en cause, juste une interversion systématique en voie de généralisation aujourd'hui, en France, entre les sons É et Ê. Des nouvelles des gilets jaunes à Paris ? Tous les journalistes de presse parlée nous les situent boulevard "Beau marché" au lieu de "Beaumarchais...

street medic

Le snobisme anglophone fait ses ravages même chez les anti-mondialistes déclarés. Les médias français nous importunent depuis quelques mois avec leurs " street medics ", lesquels sont en français de braves secouristes . Même la traduction détaillée " secouristes de rue" ne s'impose pas. Car les dispensateurs de soins de premiers secours ne sauraient, dans notre législation, se cantonner à un lieu précis sans s'exposer à des poursuites pour non assistance à personne en danger, et sont au contraire tenus d'intervenir où qu'on ait besoin d'eux de toute urgence, que ce soit sur la voie publique, sur un quai de gare ou dans un salle de spectacle. Street medic est donc une préciosité doublée d'une inexactitude, à bannir. Si, par idolâtrie de ce qui se fait aux USA, on tient toutefois absolument à qualifier d'un nom spécifique les secouristes qui ne désirent être actifs que dans le cadre de manifestations politiques à forte probabilité...

matrimoine et patrimoine

Aïe aïe aïe... La formulation " Journées du matrimoine et du patrimoine " est à l'étude. Pas difficile de lire l'avenir : UN siège de député devra être remplacé par UNE place de député, LE Collège de France va devoir se trouver un nom moins insupportable à qui a pris le masculin en haine ; LE Sénat aussi, et tout à l'avenant. Tandis que LA mairie, LA Chambre des députés et l'Académie française pourront conserver leur noms, neutres d'apparence féminine, contrairement aux hôpitaux et aux gymnases, neutres d'apparence masculine. Ce n'est même pas de l'humour.  Alors, les livres de Marguerite Yourcenar et Albert Camus sembleront pareillement rédigés dans un vieux français indigne, par deux imbéciles qui ne s'inquiétaient pas de savoir s'ils travaillaient sur UNE table ou UN bureau et s'il bâtissaient UNE œuvre personnelle ou UN patrimoine littéraire,  dans UN style et UNE langue plus vastes que leur genre. Photo : Marguerit...

progressistes, vraiment ?

Piégés par le discours ambiant, il nous arrive de reprendre à notre compte dans les conversations politiques l'adjectif laudatif " progressistes " (partisans du progrès, notamment du progrès social) pour désigner des gens au contraire régressifs, férus d'égarements doctrinaires férocement ennemis de la civilisation. En tout cas, d'une civilisation qui avait et aurait encore pour moteur l'idée du progrès . Progrès des libertés, des droits, des sciences, des arts, du confort, des accomplissements extraordinaires, avec pour idéal le recul des ignorances et indigences. Laissons à ces extrémistes paradoxaux l'exclusivité de se qualifier de " progressistes ", par antiphrase ou abus de langage. Exactement comme une dictature oligarchique aime à se qualifier de "république démocratique populaire"... illustration : rue carrossable [c'est-à-dire destinée à la circulation des voitures, jadis hippomobiles appelées carrosses, puis automobiles d...

l'aphone éthique radiophonique : à quoi bon savoir prononcer ?

N'y a-t-il pas de différences subtiles à faire entendre dans les médias parlés entre voyelles voisines, mais distinctes donc porteuses de significations précises ? Si. • poignet ou  poignée • épais ou  épée • archet ou  archer • râblé  ou  Rabelais • incarné ou un carnet • vous irez ou vous iraient • entrait ou  entrée • défaite ou des fêtes • côte ou  cote ou cotte • hotte ou  haute  ou  hôte • pas mâle ou  pas mal ou pas malle • de moi ou  deux mois • cela ou  ceux-là ?  Ou encore : • telle est faune  ou  téléphone ? La justesse phonétique n'est pas la marotte d'auditeurs râleurs mais la compétence première d'un journaliste ou animateur de radio. C'est même son devoir s'il œuvre dans le service public. Voilà pourquoi on attend légitimement d'un journaliste de la presse parlée spécialiste de la Pologne s'exprimant sur France Info et France Inter, qu'il sache parler en français de la ...

une grille descellée

«   Une grille a été décelée au sous-sol de l’Art que de Triomphe  » nous répète d'heure en heure telle journaliste de France Inter, puis de France Culture, puis de France Info. À charge pour nous de comprendre qu’une grille a été descellée et non décelée.  Et qu’on nous parle bien du célèbre Arc de Triomphe  (et non "arc-que de triomphe") dont la prononciation correcte n’a posé de problème à personne pendant deux siècles mais se dégrade partout en France depuis quatre mois, et à grande vitesse, le suivisme médiatique battant son plein dans la ressassement de la  paragoge  ''arc-que de triomphe"  [qui rejoint les indécrottabes "parc-e des princes" / "ouest-e du pays", et les plus récents "ex-e femme", "post-e natal", etc]. En France, contrairement à d'autres pays francophones, c'est sans doute la grille des programmes de l'audiovisuel public qui est mal scellée puisqu'elle ne comprend aucune é...