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similitudes et similarité


Le fait de présenter plusieurs aspects similaires sans être totalement identique se dit comment en anglais ? Similarities (pluriel de similarity). You are right. Et comment cela s'appelle-t-il en français ? Des similarités ? Non : des similitudes, ou même une similitude.

La Mission linguistique francophone relève une mise en péril de l'avenir du mot similitude par la mauvaise traduction généralisée de similarity et de son pluriel similarities. Les professionnels concernés (traducteurs, journalistes, pédagogues friands de publications scientifiques en anglais) sont invités à ne pas confondre le français et l'anglais, ni se tromper de désinence. Et donc, à se méfier presque autant du piège tendu aux similitudes par les "similarités", que du piège tendu à la bravoure par la "bravitude"...

En français, on emploiera le singulier "la similitude" pour traduire l'idée d'une complète analogie ("la similitude de leurs deux témoignages était suspecte") ; et on emploiera le pluriel "les similitudes" pour désigner un ensemble de ressemblances ("il y avait dans leurs témoignages quelques similitudes et beaucoup de divergences ; il n'y avait donc pas de similarité entre leurs deux récits").

En tout état de cause, on réservera la notion pointue de "similarité" au discours philosophique ou scientifique sur l'existence d'un caractère intrinsèquement et rigoureusement similaire ("la similarité théorique des clones").

Dans le cas général, on misera tout sur le pluriel français les similitudes pour traduire l'anglais the similarities sans dénaturer la finesse de notre langue : "les similitudes entres clones sont impressionnantes, mais ne vont pas jusqu'à cette similitude absolue qu'on pourrait appeler similarité".

Bref, les mots similarities et similarités présentent des similitudes trompeuses mais pas de similarité : ils ne sont pas intégralement équivalents. Ce sont donc intégralement deux faux amis.

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Commentaires

Anonyme a dit…
merci d'avoir éclairci ce point ; je ne comprenais pas pourquoi j'entendais de plus en plus "similarité" dans de plus en plus de bouches ! cela finissait par me donner le doute !
Miss LF a dit…
Ravis de vous avoir permis de toucher du doigt la dissimilitude qui est la cause de cette confusion !
Anonyme a dit…
Ces explications ont permis d’apaiser une discussion inter générationnelle, merci
Miss LF a dit…
Nous nous en réjouissons.

Miss L.F.
Anonyme a dit…
Cette posture est d’autant plus étonnante que l’Académie française elle-même reconnaît les deux termes, et propose des usages de "similarité" que vous semblez réserver à "similitude" : La similarité de deux formes, entre deux formes (Ac.), Étudier les similarités entre des systèmes économiques (Ac.).
Il me semble que la véritable différence entre ces deux termes ne tient pas au sens qu’on leur donne (et qui visiblement est assez mal fixé), mais à la relative nouveauté de "similarité" (18e siècle tout de même, soit bien avant le globish) par rapport à similitude.
Miss LF a dit…
Cher ami, ce n'est pas une "posture". C'est une analyse factuelle imparable.

Si le flou a toujours existé (y compris dans l'esprit des académiciens français, contrairement aux académiciens des sciences), depuis une génération une altération s'est produite, et c'est elle que nous exposons.

Ce sont bel et bien les négligentes traductions audiovisuelles du faux ami "similarities", dans les documentaires scientifiques comme dans les séries policières, qui ont insidieusement mais sûrement poussé vers la sortie le terme correct "similitudes", remplacé par le pluriel "similarités".

Or, non, il ne peut pas exister de "similarités" entre deux meurtres. D'abord parce que ce serait UNE similarité : "tiens ? Les deux meurtres sont similaires". Cela s'appelle UNE similarité. Leur similarité (singulier) vient du fait qu'ils présentent DES SIMILITUDES. Et non des similarités, ce pluriel étant un anglicisme fautif dans cette acception. Car des objets similaires présentent UNE similarité.

De fait, la similarité réelle (= aucune différence) de deux meurtres est impossible en toute rigueur. Puisque ce n'est déjà pas la même victime !!! :-)

Or, la similarité est le fait d'être en tout point (nous insistons : en tout point) semblable. La similitude, non, au contraire : elle caractérise le fait de n'être pas absolument semblable mais de présenter une ou plusieurs nettes ressemblances. Nous n'en avons trouvé aucune contradiction par l'Académie française, et pour cause.

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